5 semaines presque que je vis dans ma bulle. Pourquoi ? Peut-être pour me protéger un maximum des journée galères qui se suivent, laisser glisser et attendre que cela passe :
- problème quotidien de transports, quand c’est pas le métro qui a un incident, c’est le train qui est supprimé, retardé, arrêté en gare pour une période indéterminée ou qui avance comme un escargot. Pas un soir où j’arrive à rentrer avant 19h alors que je pars à 17h30. J’ai l’impression de « passer » au bureau !
- une ambiance électrique entre zhom et moi : chacun pris dans notre quotidien de galéreux, avec chacun nos sujets (moi, l’inscription de la puce pour les activités de l’an prochain, la récupération de toutes les paperasses pour notre PACS, le pédiatre du baveux pour son vaccin, la recherche de carrelage… / lui, je sais pas trop mais plein de choses stressantes aussi !). Là encore je prends sur moi pour lui donner le sourire, optimiser, toujours et encore, cela m’épuise.
- une cohabitation difficile avec mes parents : on est chez eux, on mets les pieds sous la table, notre linge est propre, repassé et sent bon, oui, mais voila, on n’est pas chez nous, la moitié de notre maison est au fonds du garage, dans des cartons et des valises, le reste dans notre cave.
- et surtout des points de vue différents d’éducation… une génération nous sépare de mes parents, et tout change. Eux qui ne m’ont jamais appris à dire je t’aime, nous qui le disons souvent à nos enfants, résultat choupinette le dit à mon père, celui-ci ne réponds rien, au bout de la 2e fois, il finit par lacher un « c’est bien »… Ma mère qui dit à ma fille « si tu n’es pas sage ce soir, mamie ne t’aime plus »… j’ai du mal, beaucoup de mal ! Et puis surtout quand papa dit non, la chipie va voir mamie qui elle dit « oui bien sûr ma chérie » et la chipie fait « na na na na nair » à son père fou de rage… et là ça clash sec. C’était lundi soir dernier. Depuis, c’est Beyrouth chez nous, et la Guerre froide chez mes parents.
J’ai tenu bon, on a tenu bon, 4 semaines 1/2, en laissant couler :
- les tartines coupés en mini morceaux pour pas fatiguer les mâchoires de la puce
- le lait bu avec une paille
- les diners pris sur les genoux et donnés à la cuillère (alors qu’on avait ENFIN réussi à la faire manger seule avant de déménager !)
- les fin de repas avec la musique « d’alouette » dans les oreilles
- les apéros pris à 20h15 devant le JT
- les dessins animés systématiques le soir après le bain
- la réflexion de ma mère à une demande de ma grand mère : »il s’occupe bien des enfants ton mari ? » moi : « oui c’est un papa investi », ma mère : « ah oui beaucoup trop même ! » (gné ?)
- les « mamie va faire si, mamie va faire ça »
- et les centaines de contradictions dans les règles…
J’ai les boules, je temporise, je m’épuise à temporiser, alors lundi soir, je suis sortie de ma bulle, j’ai dit à ma mère que c’est nous qui décidions pour les enfants. Mais on s’est vu répondre que l’on n’était pas chez nous !
Ce n’est pas faux, au contraire, mais la situation est bien différente que pour un simple week-end en famille. On parle là de 2 mois 1/2 en commun. Et 2 mois 1/2 pour une petite fille de 3 ans bien maligne c’est long et je n’ose pas penser à notre retour à Paris quand il va falloir resserrer la vis.
Voila, je vous avais prévenu, ce blog, c’est aussi mes coups de blues, en voila un bon : je suis vidée, épuisée, démoralisée, je sais que ça va passer, je pète ma bulle chaque jeudi chez Docteur G, qui lui, m’affirme que tout cela ne peut être que positif à la fin. Ba ouais, j’en suis sûre, le cordon est coupé cette fois, je comprends bien mieux mon caractère et mes faiblesses en observant mes parents faire avec ma fille, mais en attendant, c’est pas simple à gérer, pas simple du tout.
Lundi, promis un post bonne humeur puisque ce vendredi, je vais dorloter ma bulle : jour de congé, avec un p’tit massage à la clé dans mon spa préféré ! Mon cadeau fête de mère que je me fais à moi même à défaut de !