Vous le savez, c’est mon cheval de bataille.
Ce blog, je l’ai créé pour faire passer un message à toutes les mamans (pour ça, j’ai opté pour l’humour et l’autodérision) : arrêtez de culpabiliser.
Pas simple, voir impossible d’y arriver à 100%, je vous l’accorde. La société est culpabilisante, les proches même parfois sans le vouloir sont culpabilisants, la mère (qu’on croit) parfaite est culpabilisante, même la concierge y va de son petit mot culpabilisant quand elle vous lance : « attention, son bonnet est mal mis, il va avoir froid aux oreilles ! »
C’est mon cheval de bataille, parce que j’en ai souffert et que j’ai compris et bien intégré maintenant, en me soignant les neurones, que non, les mamans parfaites n’existent pas, que de toute façon, il y aura toujours un truc qu’on ne fera pas bien, que par définition un choix entraine obligatoirement un doute d’avoir bien ou mal fait… bref, c’est ainsi.
Et croyez moi, le jour où on lâche un peu la pression, qu’on accepte de prendre un peu de temps pour soi, qu’on relativise les petits problèmes, eh bien, l’enfant lui, il va mieux AUSSI.
Je n’ai pas envie que mes enfants pensent que je suis super woman, je veux qu’il sache que je suis parfois fatiguée, triste, de mauvaise humeur et puis que non, je ne sais pas TOUT, qu’il faut parfois regarder dans un livre ou sur internet pour avoir la réponse à leurs questions.
Pas la peine de leur filer la pression, la société leur en donnera l’occasion déjà bien trop tôt et bien trop souvent.
Parce que la culpabilité on se la prend, nous les mamans, dans la tronche dès que la petite croix bleue apparait sur le test de grossesse :
souvenez-vous…
- « Je suis enceinte ! »
- « tu n’as pas bu d’alcool j’espère ! Limite le café aussi, et puis arrête immédiatement de fumer ! »
- « j’ai des douleurs aux ventres, j’ai peur de faire une fausse couche »
- « c’est de ta faute, je t’avais dit d’arrêter de porter/faire du sport/travailler trop tard… »
- « J’ai pris 4 kilo en 1 mois »
- « Mais c’est beaucoup trop, tu dois faire attention à ce que tu manges, le bébé pourrait faire du diabète… »
- « J’ai mangé du fromage au lait cru »
- « Malheureuse, tu n’es pas dingue ! Tu as eu la toxoplasmose déjà ou pas ? »
- « Je fais de l’hypertension, c’est courant en fin de grossesse mais j’ai peur »
- « T’es trop angoissée, destresse, tu vas faire monter ta tension »
…
On n’oublie pas non plus les adorables commentaires suivants les félicitations d’usage :
- « mais comment tu vas le faire garder ? »
- « mais comment allez vous faire, vous ne gagnez pas assez / votre appartement est trop petit / ton couple n’est pas assez stable… »
Merci bien, je voulais juste vous faire partager ma joie.
Et ça continue évidemment en mille fois pire dès la naissance :
L’allaitement est LE sujet culpabilisant : biberon ou sein, quoi qu’on choisisse on trouvera toujours sur le chemin une gentille remarque qui nous indique qu’on a tout faux.
Le pédiatre qui vous engueule parce que vous n’avez pas su déceler l’angine ou l’otite surinfectée de votre petit.
« Mais madame, vous entendez bien que ça siffle dans ses bronches ! » (euh… non en fait désolée…)
Pensée spéciale à Julie qui a publié un article récemment à ce sujet.
En grandissant, ça ne s’arrange pas :
Il ne prends pas assez de poids, votre lait n’est pas assez bon ou vous n’en n’avez pas assez, vous l’allaitez encore à 15 mois, il sursaute facilement, donc il est angoissé, il ne dort pas bien…
TOUT EST VOTRE FAUTE, d’ailleurs vous le couvez trop ou au contraire vous n’êtes pas assez maternelle avec lui. TOUT FAUX JE VOUS DIS.
Comme si l’on n’en avait pas assez, les politiques maintenant s’y mettent en voulant légiférer sur la fessée. Je vous invite à lire Aude qui nous donne son avis et qui reprend aussi ce thème de la culpabilité : car nos petits fessés risquent d’avoir des déviances sexuelles plus tard.
Allez, une de plus.
Cela nous suffisait déjà amplement de nous en vouloir d’avoir cédé à la tapette sur le popotin, on n’avait pas besoin de savoir qu’en plus on allait faire de lui un délinquant !
Moi je dis ça suffit, foutez-nous la paix ! A quand de vraies aides non culpabilisantes et sans jugement pour les mamans dans le besoin ?
Même les magazines pour jeunes parents nous renvoient sans cesse une image quasi parfaite de la maternité où tout il est beau et il est rose ! Et quand arrive une galère, un vers qui s’introduit dans la douce machine, on ne se retrouve plus dans ces lectures et… on culpabilise de n’être pas NORMALE.
Voila, donc je continue à l’écrire, dès que je peux :
NON, être maman ce n’est pas QUE du bonheur.
On est toutes dans la même « galère », on est NORMALES.
Alors on relâche la pression et on profite.
non ?