Etape 3 : La plage, ah, la plage…
Je terminerai cet article par ce divin instant, ce mirifique moment, cette communion avec l’astre solaire.
Avant les nains : tu as préparé ton cabas avec soin. Tu opères une check list intérieure :
- serviette molletonnée de chez Jalla
- natte pour ne pas salir ta somptueuse serviette
- paréo sesky ramené d’un précédent voyage avec le mâle en Thaïlande
- de l’huile de monoï (indice 2, il faut bien revenir bronzée) qui permettra au mâle de t’oindre sensuellement.
- une petite bouteille de Contrex bien fraîche rangée dans ton petit étui isotherme offert par Monop’.
- un sachet de fruits secs, rien de tel pour couper une petite faim (et pour éviter de craquer sur une glace hypercalorique).
Ça y est, tu es parée, vêtue d’une robe légère sur ton nouveau bikini minimaliste. Il est framboise, hyper classy, échancré et dos nu, tout ce que tu aimes (et le mâle aussi). Ton épilation est nickel, tes cheveux sont protégés par un spray Clarins anti UV et anti sel. Tout ton corps réclame le soleil, tu es prête à aller parfaire ton bronzage (commencé chez Point Soleil la semaine dernière).
La plage se déroule sous tes pieds, le sable est brûlant mais tes pieds manucurés sont protégés dans d’adorables petites tongs. Le mâle et toi, main dans la main, vous dirigez un peu à l’écart. La plage n’est pas bondée et l’heure est idéale pour éviter les familles et leurs braillards de nains.
Le lieu est choisi et vous déroulez votre natte. La serviette vient délicatement se poser dessus. Puis c’est votre tour. Vous ôtez votre robe et vous vous allongez avec sensualité. Le mâle vous oint et vous profitez de cet instant idyllique en écoutant ensemble le ressac, uniquement le ressac.
Durant l’après midi, tu iras te baigner plusieurs fois histoire de te rafraîchir entre deux articles de fond sur Lilly Allen et le micro short. Le mâle nagera jusqu’à la bouée et te fera un signe de la main. Puis il jouera à te couvrir les pieds de sable chaud, et tu t’amuseras à entortiller ses poils de torse. Ensuite, tu grignoteras ton petit sachet de fruits secs pendant que le mâle déguste (avec la langue) une glace à la fraise. Vous marcherez ensuite au bord de l’eau, main dans la main, en parlant de l’avenir (mariage, voyage, bébé ?).
Après cette petite pause, vous vous ré allongerez tous les deux sur le sable, un écouteur d’Ipod chacun. Les yeux fermés, vous écouterez VOS chansons en boucle, en pensant à tous les excellents souvenirs (à deux) qu’elles font remonter à la surface. Enfin, sur les coups de 17h30, tu rentreras gorgée de soleil avec un mâle reposé. En chemin, tu croiseras une famille qui arrive seulement à la plage. La pauvre mère a l’air crevé, elle a des cernes jusqu’au chaussettes et porte dans ses bras une naine surexcitée. Le nain qui marche derrière elle te salue d’un « salut caca boudin ». Finalement, on va revoir ce projet bébé.
Tu fais fi de cet affront et tu regardes le mâle d’un air entendu. Cette chaleur langoureuse vous aura donné des idées que vous vous empresserez de mettre en pratique dans la douche à l’italienne de la maison de location, puis dans les draps de lin de la chambre.
Après nains : Ok, le sac est fait. Enfin, LES sacs sont faits. D’ailleurs tu songes à emmener un âne en vacances la prochaine fois histoire d’épargner ton dos. Tu opères une check list intérieure.
- Maillots, ok, on les mettra avant pour ne pas se faire chier arriver à la plage. Le tien ? Heu, bin, depuis que tu as eu les nains, tu as eu pas mal de vergetures bonheur, et de bourrelets, et du coup, bon, tu as préféré opter pour un une pièce. Mais un glamour hein. Enfin bon, un que tu peux aussi mettre pour aller à la piscine (tu sais, cette activité qui consiste à surveiller le nain qui patauge en couche Némo dans 20 cm d’eau avant de devenir tout bleu).
- des serviettes, ça c’est bon. Une Cars avec Flash Mac Queen dessus pour le nain, une Hello Kitty pour la naine. Et pour le mâle et toi ? Une serviette chourée dans un Novotel, ça fera l’affaire.
- de la crème solaire. En pot de vingt litres. Bleu. Spray. Indice 50. Le bouchon est dans la baignoire, le nain a joué avec hier pour boire l’eau du bain (riche en urinium).
- des joujoux. Seaux, pelles, râteaux et petites voitures. Avec un peu de sable de l’an dernier. Et, aussi, tiens…un vieux Bernard l’Hermite. Feu Bernard.
- des magazines. Popi, Papoum et Picoti. Que du léger quoi. Avec le dernier Harlan Coben pour toi. Ça va maintenant faire trois mois que tu l’as acheté, il serait temps de passer les deux premiers chapitres.
-le goûter des nains. Barquettes 3 chatons à la framboise et vittel fraise. Le mâle tient absolument à ce qu’on emmène ses cookies pur sucre. Et toi ? Bah, tu finiras les barquettes tombées dans le sable.
- la panoplie bob-lunettes des nains. Avec l’espoir qu’ils les garderont plus de trois secondes sur le nez/tête.
- des lingettes et des couches, en même temps, ce genre de choses, limite tu en as dans les poches de ton jean alors…
Bon. Où sont les nains ?µ
L’un se bat contre les mauvaises herbes avec son épuisette et l’autre…tiens, où est l’autre ? Il est avec le mâle qui bataille pour lui enfiler ses tongs Oui Oui. Ok, la famille est parée à envahir la plage.
Il est 17h, l’heure des nains.
En descendant sur la plage, tu croises un jeune couple doré à point. Ils se tiennent par la main et ont l’air très amoureux. Tu les salues, envieuse. Le nain les salue également, poli le nain, d’un « salut caca boudin ». Sioupère le nain.
Arrivés sur la plage, vous trouvez un coin non-squatté par des tentes pop-up anti UV. La vôtre n’est pas du voyage cette année rapport à la honte qu’a ressenti le mâle l’an dernier lors du repliage de la dite-tente.
Tu poses les sacs. Tu étends les serviettes. Les nains sont en maillots, leurs fringues éparpillées, les tongs oui-oui sont sous 30 cm de sable et ils commencent à courir en hurlant vers la mer. Ok, zen, tu envoies le mâle récupérer les deux mariolos pour les bomber de crème solaire.
« Bah, il est 17h, dit le mâle, ça ne risque plus rien »
« Oui, mais cette nuit, si ça braille, c’est toi qui es de Biafine ». (Sache, chère lectrice, qu’inclure la menace « nuit » et « toi » dans une phrase au mâle, c’est l’assurance qu’il va obéir à la lettre à l’ordre donné).
Les nains sont bleus de crème. Ok. Le mâle a enlevé son tshirt et arbore fièrement son short de plage bleu. Il part avec les nains jouer au bord de l’eau. Tu profites de cet instant de calme pour ôter ton pantacourt et ton débardeur (et te maudis de ne pas avoir enfilé une robe à la place, mais en as-tu emmené, ah bin nan, yavait plus de place dans les valises ). A côté de toi, une jeune maman en bikini revient s’asseoir sur sa serviette et se frictionne vigoureusement : « elle est bonne !! ». Son mâle occupe ses deux adorabeuls nains et elle prend son pavé de 800 pages pour continuer de bouquiner. Tu ne peux pas t’empêcher de regarder sa silhouette de rêve et ses ongles de pieds rouge carmin. Salope. C’est wondermaman. Sache que tu en auras au moins un exemplaire sur ton lieu de vacances. Histoire de ne pas oublier que certaines savent gérer. Et oui. Pas toi.
Tu t’allonges et tu fermes les yeux et tu rentres le ventre espérant récupérer un peu de la nuit difficile et du réveil matinal.
Soudain un nain ruisselant et hurlant se penche sur toi : « Mamaaaaaaaaaaaaaan, j’ai maaaaaaaaaaaaaaaaaaal ». Oui, le nain, quoi donc ?
Et là le nain entre dans une transe déraisonnable où il t’explique des choses incompréhensibles entre deux sanglots. Tu t’assois, tu le prends dans tes bras (putain, il est gelé), et tu le calmes. « Qu’est ce qui se passe mon chat ? »
« Mamaaaaaaaaaaaaaan, l’eau brûûûûle mes boboooos……….. ». Ok, le nain a les jambes toutes pourrites d’égratignures et le sel, bah, le sel, ça picote. Enfin, comme le nain tient du mâle, il hurle de souffrance, genre « achevez-moi toudessuite ». En bonne maman,tu verses de l’eau sur les bobos, ça va mieux. Mais le nain se met assis sur sa serviette et ne veut plus aller dans l’eau. Il préfère rester près de maman. Et merde.
Tu lui proposes des barquettes. Il en mange deux et demi. Tu manges le reste un peu humide. Mioume. Un régal.
Le mâle rappelle le nain. Le nain boude. Il veut maman. Tu te lèves. Tu t’accroupis pitoyablement au bord d’un trou. « On dirait qu’on fait de la pâte à crêpes maman ». Formidabeul.
Le nain est ravi et touille. La naine mange le sable et te regarde en ouvrant la bouche. Tu n’essaies même plus de lui enlever. Pitoyable.
Wondermaman, elle, est entrain de réaliser une sculpture en sable avec ses nains. Elle a réussi à faire la voiture de Cars. Salope. Le nain chouine. Il veut la même. Tu avises le marchand de glaces, voilà qui va faire diversion.
Le mâle prendra un magnum double choc. Le nain un truc à la fraise et la naine une glace Dora au yaourt insipide. Que tu finiras. Parce qu’elle sera tombée dans le sable. Mioume. Encore un régal.
Vers 18h30, tu songeras qu’il est bientôt l’heure de rentrer, que les nains vont bientôt avoir faim et qu’il ne faudra pas les coucher trop tard puisqu’ils n’ont pas beaucoup siesté. Evidemment, la naine vient de vomir sa glace au sable et le nain chouine parce qu’il a du sable collé au zizi.
Tu as des traces au niveau des seins sur ton débardeur parce que le mâle a décidé qu’on partait juste quand tu avais enfin réussi à aller dans l’eau (en même temps, tu crevais d’envie de faire pipi, il y a bien fallu y aller dans cette eau à 16°).
Les nains sont hagards et ne veulent pas remettre leurs tongs oui oui. Tu fourres tout dans les sacs et tu jettes un regard haineux à wondermaman qui a sorti de la glacière une petite bouteille de blanc bien frais et deux verres pour trinquer avec son mâle. Salope.
Voilà, voilà, alors maintenant on se dépêche d’avoir une pensée pour celle qui remonte péniblement de la plage, les nains dans les bras, de la glace Dora sur le débardeur.
Quant à moi, je te salue bien bas. Je me suis sentie en confiance avec toi, public, à très bientôt j’espère…je retourne à mes nains.
Marie