Avant propos : Billet pour une fois non ironique !

J’ai le cul bordé de nouilles.

Je trouve. J’en ai parlé à mon bon Docteur G il y a quelques temps, rapport que, je le vis presque mal (d’avoir mon fessier dans cet état). Ba ouais. En fait, je ne peux m’empêcher de me dire qu’un jour je vais payer ce bonheur, cette facilité, cette veine que je me traine depuis des années.

Je sais je suis grave, je vous rassure, je suis suivie.

J’ai mes deux parents, un homme que j’aime (ba si), deux enfants adorablement chiants qui sont mes tripes et qui sont en pleine forme, un boulot, voir deux maintenant, pas de soucis de santé (la thyroïde détraquée ça compte pas), bref tout va bien.

Alors quand un truc grave arrive (parce quand même il m’en arrive parfois), je me dis à chaque fois : « ça y est c’est maintenant ! ». Comme si je devais payer tout ça, un jour. Comme s’il fallait qu’un jour moi aussi je vive un truc dramatique.

Enceinte de choupie, à 7 mois de grossesse, la gyneco m’annonce qu’il y a un problème, j’entends « retard de croissance », « hypertension », « césarienne », « tenir le plus longtemps possible », « sage femme à domicile »… Et en rentrant chez moi en pleurs, seule dans mon taxi, je me souviens me l’être dit : « ça y est, le rêve s’effondre ».
Et puis non. J’ai tenu, la puce a grossi, sortie plus tôt oui, mais sans complication.

Septembre 2008, la veille de partir en vacances, je tire le bain des enfants, j’entends choupinou, alors 14 mois hurler. Je me précipite, je le retrouve devant la porte des WC, son pouce coincé dans la charnière, sa soeur venait de la lui fermer au nez. Passant son doigt sous l’eau, je me rends immédiatement compte des dégats : sectionner au 3/4.
Dans le camion des pompiers, je me souviens me l’être dit à nouveau : « ça y est, je vais le payer, c’est aujourd’hui. »
Et puis non. Pris en charge à Robert Debré, il est opéré dans la nuit, un mois après, il n’a plus de bandage à changer tous les 3 jours, juste un petit pansement. L’ongle repousse même déjà.

Je suis angoissée. J’ai toujours été angoissée. Mon psy dit que je gère positivement ces angoisses et que donc sans m’en rendre compte j’adopte les attitudes, les réflexes qui font que justement : rien de grave n’arrive. (vl’a pourquoi je lui refile 110 € à chaque séance, pour entendre que je suis merveilleuse !)

J’ai beau le croire… je suis tout de même capable, encore aujourd’hui, de me monter un film d’horreur en 30 secondes et de fondre en larmes (pratique pour faire du cinéma !). J’ai peur principalement de la maladie et de la mort (ok comme 99% de la population… je sais merci), celle de mes proches bien sûr, mais aussi de la mienne. J’ai peur de laisser mes enfants sans maman. Qu’ils ne sachent jamais à quel point je les aime… (voyez le tableau…)

Je me dis pourquoi ça arrive aux autres et que cela ne nous arriverait pas à nous ?

Je vous rassure, je n’y pense pas tous les jours, loin de là même, mais ça fait partie de moi, et j’avais envie aujourd’hui de partager ça avec vous.

Et vous ? Vous êtes comment ? Angoissés, zen, déjà touchés ? Vous croyez que je m’en veux d’être veinarde ?