Je parle des gens. Vous savez ceux qui vous agacent au plus haut point dès que votre ventre s’arrondit avec leur
profites-en bien, ça passe vite tu sais ».
Sauf que toi, en fait, non, tu sais pas. Tu as hâte que ton bébé arrive, parce que tu n’en peux plus de vomir veux le serrer dans tes bras (au lieu de te manger des coups de pieds dans la vessie de 2h à 5h du matin)… et que tu trouves ça long donc.
Ils remettent ça, les gens, à la maternité et pendant les premières semaines où tu ne vois juste pas le jour, et que la nuit, par contre, elle, tu la trouves terriblement longue… « Profite, ça grandit vite »
Oui justement, tu as hâte qu’il grandisse. Qu’il prenne un truc dans ses mains par exemple (genre son biberon)
Et quand ton bébé a atteint cet âge magnifique où il attrape tout, tu as d’un coup hâte qu’il arrête de mettre ce TOUT dans sa bouche, systématiquement.
En fait. (jamais contente)
Et ça continue, tu ne vois pas le bout du tunnel, tu ne penses qu’au jour où tu pourras faire une nuit complète (et tu ne rêves même pas d’une grasse mat’)
En attendant, tu ne supportes plus ces gens. De quoi se mêlent-ils (bordel) ! « Profiiiiiiiiiiiiiites »
MAIS DE QUOI ? De la fatigue, des doutes, du stress, des relations pourries avec le papa, de ton désert social ? Tu hésites hein ?!! Tu m’étonnes…
La palme du coup de tête revient sans doute à « ce » gens, qui insistera en t’annonçant avec un grand sourire :
tu sais, tu oublieras tout ça en fait »
Ba voyons.
Et puis, le temps passe. Bébé grandit, passe par les crises de ci, de ça, qui en fait, s’enchainent et ne te laissent pas une seule semaine peinarde.
Et il souffle sa 1ere bougie. Ce jour, là tout de même, tu te poses et tu te dis, tiens, c’est bizarre, ça fait « déjà » un an.
2, 3, 4… (je compte bien hein, je sais)(des années d’entrainement avec le Docteur KesurDS)
Les nuits sont plus calmes, tu te surprends (presque) à te lever sans souci quand exceptionnellement ton enfant fait un cauchemar.
Il mange bien. Il te parait loin le terrifiant doute sur le nombre de millilitres de lait à lui donner.
Elles sont parties les angoisses des premiers temps : stérilisation ou pas, co-dodo ou pas, allaitement ou pas, couches lavables ou pas, petits pots ou pas, crèche ou nounou (ah non là, on n’a pas hésité, il n’y a PAS de place en crèche)…
Ces questions, ces hésitations, elles te paraissent bien futiles. Finalement, tu t’en es sorti comme une chef. Parfaitement imparfaite ?
En discutant avec ton Homme, tu te dis que c’est bon, vraiment, d’avoir tenu le cap.
En écoutant ce jeune couple, cerné, épuisé, angoissé avec leur petit, tu souris, tu réalises :
Que tu as oublié.
Que tu n’as peut-être pas vraiment profité, gravé dans ta mémoire, ces instants, aussi difficile qu’ils ont étés…
Que finalement c’est peut-être mieux ainsi.
Qu’il ne faut pas s’en vouloir, que c’est une sorte de protection.
… Qu’ils avaient raison.
LES GENS
(dont tu fais partie désormais, car si, tu viens de leur dire – et tu viens de te ramasser un regard de tueur :
Profitez, ça passe très vite ! Petits enfants, petits soucis… ne vous inquiétez pas, vous oublierez !