Il est 21h, vous venez de poser vos fesses pour la 1ere fois depuis que vous êtes rentrés du bureau 2 heures et demi plus tôt. Votre zhom rentre à son tour du bar sympa où il a pris un pot avec un ami « vite fait » en sortant de son job :  »Bonsoir chérie, ça a été avec les enfants ? ouh je suis CREVÉ moi ! »
J’exagère un peu pour mon cas personnel : zhom rentre pour le moment assez tôt (on en reparle dans 3 mois quand il aura changé de boulot), sort très peu et surtout je le laisse tranquille quand il le fait puisqu’il a toujours été réglo : il prévient, ne rentre jamais trop tard et surtout jamais bourré (lol).

J’ai toujours dit que dans une journée de maman, il n’y a pas 1 journée mais 3, voir 4 si on n’est pas tombée écroulée de fatigue à la fin de la 3e…
La 1ere, c’est celle qui commence à la sonnerie du réveil le matin (trop tôt, toujours) jusqu’à l’arrivée au bureau. Ensuite, on a la journée de travail, plus ou moins chargée, mais c’est celle qui offre la possibilité de se prendre une pause café quand on veut et de prendre un peu de temps pour soi, ba oui mine de rien !
Enfin, arrive ma journée « préférée », la 3e donc, l’épreuve sportive du combiné : bain – diner – couché

18h25, comme vous êtes une maman employeur bien élevée et sérieuse et que vous ne voulez surtout pas que votre Super Nounou se barre dans une autre famille, vous rentrez un peu en avance pour libérer (le terme n’est pas trop fort) Super Nounou à l’heure. Vous arrivez d’ailleurs souvent en même temps qu’ils rentrent du parc. Chouette coïncidence…
Comme tous les bébés et enfants en bas-âges, les vôtres ne font pas exception à la règle – quoi que… : ils sont :
- absolument indifférents face aux retrouvailles, juste un petit hurlement « môman !!!!!!!!!! » (genre quelle surprise de vous trouver là, comme tous les soirs !)
- complètement épuisés
- terriblement affamés
- super heureux de vous donner jeter : les 25 feuilles ramassés au parc, le caillou à conserver précieusement, et les 8 marrons à mettre au four (qui a eu la bonne idée de lui dire qu’on allait manger des marrons cet hiver ?)
- pas pressés d’enlever leurs chaussures pleines de boues et de sables (ils préfèrent faire le tour de l’appart avant, on ne sait jamais si quelque chose avait changé pendant leur absence de 2 heures….)

Entre les cris, les premières jérémiades, les vêtements qui volent, les questions qui fusent (« qu’est-ce qu’on mange ? » « je vais regarder quoi comme dessins animés ce soir ? Hein hein hein ? ») et les oppositions automatiques (« je veux pas prendre mon bain avec mon frère »), vous tentez de comprendre ce que Super nounou essaie de vous raconter (leurs journées respectives) et d’enlever vos chaussures !

Une fois la porte refermée, les larmes de tristesse de la grande face au départ de sa Nounou (oui oui j’vous jure) séchées, c’est parti mon kiki :

1er étape donc : Le bain
Assez simple en général, le petit y va en premier, sa routine : il reste debout, se tire la nouille et fait pipi ! Une fois son affaire faite, monsieur daigne s’assoir. Puis la grande, au bout du 4e appel, finit par se radiner, il reste quelques minutes ensemble à s’éclabousser et à s’arracher les jouets des mains, puis je finis par sortir le casse-cou qui, désespéré, hurle de rage… et s’enfuit cul nul dans la maison en se marrant comme un phoque !
Bien sûr parfois, il faut faire avec quelques accidents de parcours : je chouine parce que je voulais y aller avant mon frère, je pleure parce que j’ai de l’eau dans les yeux, j’hurle parce que je voulais la « maman pieuvre » (jouet de bain, je précise pour les incultes)… ça c’est pour la version grande. Je me ramasse la tête la première dans l’eau parce que j’ai voulu grimper sur le rebord de la baignoire, je me ramasse en arrière parce que je tire sur le tapis anti dérapant, je me fais disputer parce que je joue avec les robinets, les savons et le bouchon vide-bain… ça c’est la version casse-cou.
Mais franchement, ça c’est rien ! Pendant le bain, vous trouvez tout de même le temps de donner un petit coup dans les lavabos et de vous limer les ongles ! C’est déjà ça de pris !

2e étape : le(s) diner(s)
Comme vous avez le postérieur bordé de féculent : Super nounou a déjà préparé une adorable assiette pour le petit gnome. Trop fado donc. Pendant que vous vous battez avec lui sur sa chaise haute pour qu’il ne balance pas tout le contenu de l’assiette par terre dès que vous avez le dos tourné pour, par exemple, mettre les boutons du pyj de la grande et mettre en route son DVD, vous avez le temps de penser à ce que vous allez pouvoir faire à manger à la grande justement !
Une fois son ventre rempli, vous lâchez la bête, avec son bib sous le bras, dans l’appart. Vous démarrez l’étape du sprint : celui qui réussira à faire un truc avant l’autre. Je m’explique : le casse cou a décidé de jouer avec la poubelle et d’y mettre entre autre son bib… vous lâchez la balayette qui vous servait à ramasser les restes du diner éclaté au sol et courrez retenir le couvercle de la dite poubelle. Vous reprenez une activité, la vaisselle par exemple, eh hop vous vous précipitez à nouveau parce que le casse cou a décidé d’escalader le pouf et une boite d’archives pour atteindre la boite de DVDs que vous avez fini par planquer en haut d’une pile de cartons.
Et c’est reparti.
Au bout de 30 minutes, vous avez réussi (bravo !) à faire cuire 3 nouilles et 2 carottes pour la grande et vous l’appelez pour qu’elle vienne manger à son tour… Bien sûr qu’elle ne vient pas ! ça serait un peu trop facile.
Alors tout en attrapant par la peau du dos la tornade qui a eu le temps de vider un tiroir, vous allez éteindre vous même la TV, sachant parfaitement que des hurlements s’en suivront mais qui seront couverts finalement par ceux du p’tit qui se débat dans vos bras.
Vaincue dans le duel qui vous affrontait à un pingouin de 16 mois, vous décidez de vous en débarrasser, non pas dans la poubelle, mais dans son lit.
Hop là, un de moins et déjà là, vous sentez la fin de cette journée arriver et cette perspective vous réjouit ! C’est déjà un peu plus calme… bien sûr, il faut arriver à faire avaler son diner à miss « je préfère jouer avec ma fourchette et ma serviette », tout en préparant VOTRE bien mérité repas et en étendant la dernière machine.

3e étape : le coucher
Le débarrassage du casse-cou ne s’est pas fait sans heurt… même si le sommeil a bien vite eu raison de lui. Faire les 400 coups, ça fatigue mine de rien et c’est tant mieux !
Le coucher de la grande, là… c’est … long quoi ! D’abord, elle finit son verre d’eau (3 minutes), puis elle va se laver les dents (5 minutes pour trouver la salle de bain…+ 2 minutes pour hurler « c’est moi qui faisait le dentifrice !!!! »…). Puis pipi et puis on se couche (mais pas avant d’avoir rangé deux ou trois jouets… bizarrement c’est à cette heure là qu’ils aiment ranger !)… et puis un premier câlin, un deuxième et ENFIN « le dernier » celui que vous faites en haussant un peu la voix, pour bien dire : « là je ne reviens plus ça suffit ! »

Et là, un phénomène complètement étrange… le silence… c’est terrifiant. Vous êtes vidées et vous vous dites, « allez je vais aller m’assoir m’affaler dans mon canapé ».
Et … Une 4e journée avec le zhom ?

C’est avec un grand bonheur / plaisir / soulagement et sans crainte aucune que ce soir, je confie la mission combiné sportif : bain – diner – couché au Zhom. Parce que moi, ce soir : je sors !

Alors ? Vos soirées ressemblent à quoi chez vous ? Oui je sais je ne suis pas organisée, je devrai avoir prévu les repas à l’avance, mais non, voila, c’est tout j’y arrive pas, je suis trop flemmarde et ça me gonfle !