Vous me connaissez, moi et mes idées à deux balles, mes délires, mon état mental parfois un peu limité, mes angoisses…
bref, moi une maman normale quoi !

Eh bien vous savez pas la dernière ?
Non, vous ne savez pas d’ailleurs.
Ba m’en va vous la raconter, vous allez bien rire… quoi que quelque chose me dit que vous allez sans doute vous y retrouvez, mais vous me direz tout ça après. Promis ?!

Prêts ?
Allez je me lance, moment de honte assuré, moment de vérité…roulements de tambours !
Ah j’suis pas sûre là, attendez… vous promettez de pas vous moquer hein ?!

Bon

Voila.

Depuis quelques semaines à peu près, j’ai… ahhhhhhhhhh c’est pas facile, j’ai déjà mis du temps à me l’avouer à moi même alors, pour l’écrire ici…
punaize…
Depuis quelques temps donc, j’ai l’impression …

Que j’aime plus un de mes enfants que l’autre (préférence allant au petit pour être précise)

Voila c’est lâché, maintenant trucidez moi ou lancez moi les pierres toussa.

Ah mais je vous l’avez dit : j’en tiens une méga couche de connerie quand je veux !

Sauf que je l’ai vraiment pensé. Sauf que ça fait super mal de s’en rendre compte, de se l’avouer et puis… d’en parler.

Mais ce qu’il y a de bien quand tu finis par cracher ta valda à une de tes meilleures copines, qui s’avère en plus être maman (ça aide tu vas voir jeune padawan), eh bien c’est que tu te rends compte…
que tu lui enlèves aussi un très certain poids aussi à ta cop’ en question !
Eh ouais parce quand genre entre « passes moi le sel » et « il va faire beau demain », tu lui lances un « et sinon, c’est affreux mais j’ai l’impression d’aimer plus le p’tit que la puce et je m’en veux terriblement » et que elle te réponds cash :

attends mais moi pareil ! »

Punaize comme ça fait du bien. Tu te dis que tu n’es pas la seule tarée mentale du patelin et ça, ça rassure !
Ensuite, tu te dis qu’au moins, vous serez deux à chercher la raison de la chose.

Et c’est ce que nous avons décidé de faire.

Elle en a parlé au pedopsy de son fils. Un pédiatre éminemment connu, je ne le citerai qu’en privé pour pas faire de la publicité. Sa réponse (en gros, car rapporté) :

mais attendez madame : c’est normal et c’est même très salutaire pour votre ainé ! »

Ah ? »

Et moi j’en ai parlé à mon bon Docteur G, célèbre lui dans ma sphère personnelle pour m’avoir sauvé d’une bien jolie déprime post-natale il y a deux ans. Sa réponse (en gros car j’ai pris que ce qui m’arrangeait) :

c’est normal, on n’aime jamais ces enfants de la même manière, ni pour les mêmes raisons »

CQFD :  ON EST NORMALES ! Ce sont les pros qui le disent (au moins, on les paye pas pour rien ! ah ah )

Plus concrètement, si ça intéresse par hasard d’autres re-mamans concernées… et planquées… par ce sentiment un peu étrange…
Il se trouve que je m’inquiète plus pour le petit, que j’ai plus envie de le chouchouter, le dorloter, le câliner que ma grande qui elle a plus souvent tendance à m’agacer quoi…
A priori, cela ne veut pas dire que j’aime plus mon loulou que ma choupette, mais que tout simplement le loulou est encore un peu bébé et qu’il est normal de lui donner « plus » d’attention charnelle qu’à ma grande qui devient, elle, plus autonome et réclame une attention différente. Et tout ça pour son bien. Car c’est ainsi que le cordon commence à se couper, doucement et que l’enfant n’aura pas à le faire plus tard de sa propre initiative…
Bon, on touche au psy là j’en ai mal au crane, mais j’avais envie de vous raconter, de partager avec vous ce sentiment qui m’a fait énormément culpabiliser les derniers jours avant les vacances.

Aujourd’hui ça va mieux. J’ai bien compris ce que je ressentais, je l’accepte et puis je sais que fondamentalement ils sont juste mes tripes quoi ! Que je les aime plus que tout tous les DEUX.
Mais différemment. (c’est bon, là, vous avez pigé l’idée quoi)