Si je vous disais que j’étais désespérée, remplie d’une tristesse disproportionnée, angoissée et vidée ? Vous me croyez ?

Nan, vous faites bien ! Attends, c’est pas tous les jours qu’une maman peut se vanter d’être seule, seule et seule hein ?!

(je vous ai dis que j’étais seule ?)

Attends !!! que du faux depuis hier matin, 10h23 (non c’est un hasard que j’ai retenu l’heure exacte de la séparation)

Fausses les larmes qui coulent derrière les lunettes de soleil (c’est le vent).

Faux les reniflements (j’ai un rhume).

Faux aussi les grands discours « oui mon loulou tu vas me manquer très fort » (tu parles : enfin peinarde !)

Surjouées aussi les promesses : « maman va revenir c’est promis promis d’amour mon titou, maman ne t’abandonne pas hein » (on se demande à ce sujet à qui était réellement destinés ces mots…hum)

Bref, que du vent, du fake, du beau jeu d’actrice quoi ! (je mérite un Oscar d’ailleurs)

Mouais

Alors pourquoi une fois dans la voiture avec mon père, j’ai chialé comme une merde (MAIS TOUJOURS DERRIÈRE MES LUNETTES DE SOLEIL), pourquoi j’ai dû trouver une force incroyable pour me concentrer sur sa conversation bateau « ah y a du monde dans l’autre sens, les gens vont à la plage » (oh punaize oui, oh la la, papa comme tu as raison, c’est démentiel tiens), pourquoi dans le TGV j’ai gardé mes lunettes alors qu’il faisait sombre pendant une bonne demi-heure, pourquoi j’ai plongé mon nez dans un magazine que je ne lis jamais (BE, laissé à ma place par un inconnu que je remercie au plus haut point) pour me vider l’esprit, pourquoi en rentrant à la maison à 16h15, j’ai commencé à trier méthodiquement les médicaments pour m’occuper au lieu d’écouter le vide et le silence reposant ?

Hein ? Pourquoi ?

Parce que putain cette fois, je vais vraiment avoir du mal. Trois semaines et demi sans voir leur petit minoits, sans prendre mes bébés dans mes bras, les tenir contre moi, sentir leur odeur, sans…

Allez, sans les disputer, leur répéter 45 fois la même chose, sans perdre patience, sans être fatiguée (par eux)…

Arf, j’ai pas le choix, alors autant optimiser. Mais en écrivant ces lignes, c’est encore un peu tôt, je me laisse 48h, dont une journée au bureau pour retrouver mes esprits.

L’homme absent en plus, je pense que ça n’arrange pas les choses, il revient ce soir dans la nuit. Je tiens le bon bout.

Je sais que je fais des envieux mais croyez-moi c’est pas si simple !