Prendre conscience qu’ils grandissent, c’est se retrouver à poils – je mets un « s » c’est l’hiver – devant des dizaines de sentiments de tout ordre : encore un bon gros cocktail de culpabilité, regret, plaisir et bonheur, auquel on n’est pas préparé…
Et ILS avaient raison… ça me fait mal de le dire, mais il faut être honnête (votezpourmoi).
ILS avaient raison. CEUX qui nous rabâchaient les oreilles à base de « profite, ça passe si vite » et qu’on insultait copieusement en silence parce qu’on ne dormait pas, parce qu’on mettait 3h à les habiller / déhasbiller parce que pipi / rhabiller le matin, pour pour partir au bureau avec une trace de morve sur l’épaule.
Alors, tenaillée entre ma peur de ne pas avoir assez profité et ma soudaine conscience que tout ce petit bonheur (et ces galères hein) vont prendre fin (oui, je sais, pour laisser place à autre chose), j’ai désormais régulièrement des coups au (de ?) coeur.
Attention, mode cucul la praline activée. Les fidèles n’ont pas l’habitude, je préfère prévenir.
Ces mercredis matin avec lui, en tête à tête, que je ritualise de plus en plus, m’organisant autrement, car ils ne dureront plus que 4 mois.
Les câlins et petits massages du dimanche soir avant qu’ils s’endorment que je ne refuse plus jamais.
Sa petite main dans la mienne quand je l’emmène et le ramène de l’école primaire et qu’il me raconte tout ce qu’il a fait pendant les récrés – parce que le reste, bon, il ne se souvient plus trop.
Les moments où je les surprends à jouer ensemble « comme des bébés ».
Alors, je laisse monter mon plus beau sourire nias. Et j’inscris dans ma mémoire. Je fais plein de boules de souvenirs que j’envoie dans ma mémoire interne, section famille/bonheur. (Team Vice Versa for ever)
Je le savais, je les élève même totalement sous ce point de vue : ils ne m’appartiennent pas, je les emmène jusqu’à l’âge adulte, durant lequel ils pourront aussi venir puiser en moi ce qu’ils veulent, mais ils ne sont avec nous que pendant quelques années. Finalement très courtes. Alors, je remplis ma jauge de souvenirs de cette période où j’aurai été la maman nourricière et câline. Pour passer à la maman complice, mais stricte (toujours), confidente, qui leur propose d’analyser, de se forger une opinion, de découvrir encore et encore et s’enrichir pour VIVRE LEUR VIE.
Heureusement le P’tit Grand m’affirme qu’il viendra me voir tous les week-ends quand il sera grand et qu’il m’achètera une maison.
Et vu le bordel de sa chambre, je peux vous dire qu’il a bien intérêt !
AH AH AH AH

Réalisée sans trucage – et sans talent

