Comme beaucoup, j’ai lu avec attention (3 fois donc) l’article paru dans Le Monde du 1er février dernier.

Les mères et leurs nounous, je t’aime moi non plus.

Comme certaines, il m’a très légèrement dérangé.

J’apprécie que le sujet, finalement assez mal connu, des gardes à domicile soit enfin abordé à la fois dans un livre et aux pages « société » d’un grand titre et non pas uniquement dans les magazines consacrés aux parents.

Une sociologue vient donc de sortir un livre issu d’une longue enquête (3 ans) sur les nounous d’origine africaine qui gardent à domicile les enfants parisiens.

Oui parce qu’à Paris, c’est très courant. Il faut dire que les places en crèches sont rares, que les assistantes maternelles (celles qui gardent, chez elle, en fonction de leur agrément – délivré par la PMI – environ 3 enfants) sont également peu nombreuses donc prises d’assaut.

Nombreux sont donc les parents « contraints » (ou pas, et là je parle de mon cas personnel) de faire appel à une AUXILIAIRE PARENTALE (car c’est le nom savant, celui qui est sur la convention collective et le contrat de travail) pour garder à domicile leur progéniture (et éventuellement celle d’une autre famille dans le cas d’une garde partagée)

Pour les détails techniques, je vous renvoie à mes articles précédents sur les modes de garde.

Je n’ai pas lu le livre, il est sorti hier d’ailleurs, mais je pense aller l’emprunter à la médiathèque, car il a attisé ma curiosité.

L’article du Monde rapporte tout de même pas mal d’éléments le constituant.

Et j’aimerai donner un peu mon avis. (Même si tout le monde s’en fiche !)(oui je vous vois au fond)

1ere remarque : la « sociologue » a observé les nounous et leurs employeurs pendant 3 ans.

Là je dis, ouahou ! C’est énorme 3 ans. Sachant qu’une nounou reste généralement pas plus de 3 ans dans une famille (pour cause d’entrée à l’école maternelle). Plus loin je découvre, qu’en fait, elle a fréquenté un seul et même square, du 16e arrondissement,  pendant 3 ans donc, pour gagner la confiance de… 12 nounous. Arf.

Je ne savais pas que le 16e arrondissement parisien était représentatif de Paris.

J’ai du mal à imaginer que le recueil de 12 témoignages suffit à donner une idée détaillée et hétérogène des conditions et ressentis de travail de toutes les nounous parisiennes. Surtout qu’elle n’a « gagné la confiance » que de nounous d’origine africaine. Et qu’elles ne sont pas les seules à faire ce travail.

En 3 mois, j’aurai compris. En 3 ans, je trouve cela dommage.

Tant pis.

L’étude est tout de même très intéressante. En gros, on retrouve le clivage employeur/employé, le fossé abyssal entre deux classes sociales, sur lequel on saupoudre les vieux préjugés raciaux bien pourris. La sociologue analyse également parfaitement ce « mal être » des mamans, qui, dans leur propre travail, essayent, justement, de s’affranchir des préjugés sur leur statut de mère et à la maison essaye d’être à la hauteur face aux tâches leur revenant traditionnellement (hélas). On comprend ainsi que les mamans employeuses ont tendance à faire payer à « leur nounou » leur souffrance personnelle.

Mouais. Donc là, j’aimerai revenir sur quelques points qui me paraissent importants. J’ai employé en 7 ans, 4 nounous à domicile. J’ai, je pense, une bonne expérience de la chose. J’ai d’ailleurs une maîtrise « ès recrutement et gestion de ressources humaines ».

Ce qui me gêne avec cet article c’est que l’employeur passe vraiment pour un vilain pas gentil méchant patron. Et la nounou, pour la pauvre petite exploitée malheureuse. Qui discute au parc avec ses collègues dans une sorte de pause syndical réconfortante. (pendant ce temps là, les bébés sont scotchés dans les poussettes)

Bon, ok, malheureusement, c’est sans aucun doute, et je suis la première à le déplorer, trop souvent le cas. Mais il ne faudrait pas généraliser. Merci.

Alors, reprenons déjà un point essentiel hein :

LA NOUNOU PARFAITE N’EXISTE PAS

L’EMPLOYEUR PARFAIT N’EXISTE PAS

ça c’est fait

En devenant maman, je ne m’attendais pas à devenir employeuse. Depuis, je fais au mieux, j’apprends sur le tas. Ma personnalité fait que, naturellement, je cherche à avoir de bonnes relations avec la personne qui s’occupe de mes enfants et à qui je confie mes clés.

Voici ce que je considère être, mes droits et mes devoirs en tant qu’employeuse d’une nounou :

Je considère avoir le droit :

- de demander des références (et de les vérifier en appelant les familles)

- de « tester » la personne sur une journée, en la rémunérant

- de lui demander d’être ponctuelle

- de choisir quelqu’un qui correspond bien à ma façon d’être employeuse, à savoir : de confiance, qui prendra des initiatives, car je ne souhaite pas lui dicter ce qu’elle a à faire : pour moi, elle sait faire. Point barre. J’ai besoin qu’elle me soutienne et qu’on fasse « front » face aux enfants, qu’on ait donc les mêmes envies, idées sur les façons de faire. Et en cas de doute, de s’en parler.

- qu’elle aime son travail, donc qu’elle aime s’occuper d’enfants, parce que c’est un métier très difficile et que même si je ne perds pas de vue que c’est son gagne-pain, sa seule source de revenus, elle doit aussi prendre un minimum de plaisir à venir. Car les enfants sentent tout.

- de lui demander de prendre soin de mes enfants, et de mon petit chez moi, en me le rendant à peu près rangé et propre.

- d’attendre d’elle, qu’elle m’apprécie un minimum, qu’elle ait confiance en moi et qu’elle n’hésite pas à  me parler s’il y a un souci et non pas, dans mon dos, sur un banc, en me « parodiant » avec ses amies nounous (cf un encart de l’article)

- qu’elle joue au parc avec mes enfants au lieu de leur hurler dessus scotchée sur son banc à bavasser avec ses copines (du vu, je n’exagère pas)

En contrepartie, je ne suis pas la chef, la méchante, celle qui a tous les droits et à qui ont doit donc tout.

Si je veux qu’une personne m’apprécie, je fais de mon côté preuve d’empathie, d’ouverture d’esprit et je remplis, moi aussi, ma part du contrat à savoir :

- je suis ponctuelle, j’arrive même 15 minutes avant la fin de sa journée à elle, afin d’avoir le temps d’échanger sur ce qui s’est passé, sans empiéter sur son temps, car, elle a une vie, elle aussi.

- je la paye convenablement et je ne pinaille pas sur les heures. Car, je dois bien l’avouer, beaucoup de mes collègues employeurs, osent, retirer du salaire le temps qu’ils ont EUX MÊMES décidés de passer avec leurs enfants, par exemple, un après-midi RTT où ils libèrent en fait la nounou plus tôt pour s’occuper de bébé ou quand les grands-parents viennent passer la journée avec leur petit-fils. Et là, j’hallucine. J’ai honte même. Le pire c’est qu’ils ne comprennent pas que la « nounou fasse la gueule » ! Mais punaize (je suis polie), et si ton patron un jour te disait « allez, prends ton après-midi, t’as l’air crevé » et qu’en fin de mois tu découvrais qu’il t’avait enlevé 4h de ta paye, tu dirais quoi ???

- je ne la prends pas pour ma femme de ménage. Le contrat de travail stipule qu’elle doit laisser propre les espaces des enfants et la cuisine. Cela ne comprends donc pas, le nettoyage de notre baignoire, ni le repassage !!

- je la place au coeur de notre « équipe éducative », son avis est important pour moi, je prends ses conseils, je considère que, vu son métier, elle a de l’expérience et que c’est toujours intéressant d’avoir un regard externe.

- je la remercie, je la félicite, je lui montre, donc, qu’elle est importante pour nous, et pas seulement pour les enfants.

- je demande aux enfants de la respecter, de lui obéir, je me mets de son côté pour qu’elle puisse asseoir son autorité.

Je terminerai (enfin) par dire que recruter une « bonne » nounou est une chose très difficile, mais possible. Il faut se donner les moyens de trouver une personne qui ira vraiment bien avec les enfants et nous, les parents. Prendre quelqu’un, juste parce qu’elle « a l’air douce » et qu’elle s’est lavée les mains en arrivant à l’heure au rendez-vous, je suis désolée, mais pour moi, ce n’est pas assez. Je vous envoie, encore une fois à mes recommandations, et n’hésitez pas à me solliciter si vous avez besoin d’aide. Je serai ravie de vous aider.