6 décembre 2012

Piqûre de rappel

Non, je ne parlerai pas de vaccin, sujet oh combien polémique.

Quoi que…

Imaginez : un vaccin préventif contre la dépression postnatale ou le pétage de câble, communément appelé « burn out » ?

Non, le sujet d’aujourd’hui m’a été inspiré par quelques phrases, billets, réflexions… glanés, ces derniers jours, ça et là au cours de mes ballades dans la blogosphère parentale. Un monde où globalement je me sens bien, même si parfois, comme dans la « vraie vie », celle de la parole et des actes, je ne suis pas d’accord avec tout ce qui s’y écrit. Loin de là même. Heureusement. Chacun voit midi à sa porte, chacun pense, fait et écrit (donc), ce qu’il veut.

Blogosphère parentale donc. Ce monde virtuel où sous l’impulsion de quelques vieilles blogueuses (dont je suis fière de faire partie) mais aussi grâce à des Florence Foresti ou autres Elisabeth Badinter, cachées certes derrières leurs écrans d’ordinateurs, les mères ont commencé, ENFIN, à parler du vrai quotidien de la maternité.

Enfin. A l’époque de ma première grossesse (2004/2005), ce n’était pas courant. Du tout. Alors, certes, j’ai surfé sur cette vague. Je considère même être une des premières mamans blogueuses à avoir écrit que :

Non, la maternité, ce n’est pas QUE du bonheur.

Depuis presque 5 ans, mon journal de bord, ce blog, ressasse encore et encore la même bonne routine. Dé-culpabilisation. Fatigue. Quotidien. Besoin de se retrouver à deux. Bonheur bien sûr, mais : pas que.

Je radote ? Sans doute.

Oui mais voilà :

1/quand je lis au détour d’une conversation virtuelle que l’on ne voit désormais que « ça » sur les blogs. Que ce ton, cet angle est devenu monnaie courante et que bon, ça va bien hein… Je ne suis pas d’accord.

Oui, ce message de fonds est utilisé partout.  Non, ce n’est pas inutile. Je ne reviendrai pas en tout cas sur cette certitude, ancrée en moi, bien profondément depuis quelques années déjà.

Car même si désormais on le lit beaucoup (trop ?), eh bien, on le lit, on le dit, on le crie, et ça, c’est bon. Si cela peut sauver des mères en détresse et bien sachez que je me fiche de passer pour une radoteuse.

2/ quand je lis qu’il y en a marre des mères qui râlent de devoir faire des choses pour leurs enfants, là encore, je bouillonne. Pour 2 raisons.

La première, parce qu’il faut a priori rappeler ce qu’est l’autodérision, très largement utilisée dans les blogs, mais aussi quid du second degré ? de l’exagération ? Je n’ai jamais pris de cours d’écriture (oui, je sais, cela se voit) mais j’ai quelques bases et l’humour est pour moi un instrument très riche et fort pratique pour faire passer des messages, eux, très importants. Alors ces mères qui râlent, elles utilisent peut-être un angle particulier non ?

La deuxième, j’ai envie de vous dire …  » et puis même !!! » Et si c’était tout simplement vrai. Fermer les yeux sur les difficultés, la fatigue, le ras de bol passager, c’est pour moi se rapprocher dangereusement du burn-out, de l’effacement de soi. Désolée, mais vous ne me ferez pas croire, fausses mères parfaites, que vous n’en avez jamais marre, que vos gosses ne vous tapent pas sur les nerfs ! C’est impossible. Par définition, un enfant, c’est compliqué. Tout simplement parce qu’on ne nait pas mère, qu’on débarque dans un monde inconnu tellement différent de celui dans lequel on vivait avant. Et que même s’il est issu d’un désir puissant, il vient tout chambouler.

Je prône l’attitude positive. Je tente même de l’enseigner à mes enfants. Mais chercher la perfection reste, pour moi, une voie peu intelligente à prendre. Pour la mère (qui s’épuise/compense quelque chose) et pour l’enfant (qui en souffrira adulte, quand lui-même se comparera à sa mère)

Je suis personnellement confrontée depuis un an déjà à de gros soucis de comportement avec ma fille. Je ne m’étale pas sur les détails du pourquoi du comment ici, non pas pour rentrer dans un moule qui plairait à celles qui s’épanouissent dans leur divin rôle de mère, mais juste par respect pour ma fille, qui, un jour, lira ce blog.

Je fais tout pour la sauver, car elle souffre autant que nous, ses parents, grands-parents, de cette situation difficile. Je fais tout pour son bonheur, allez déjà… pour son apaisement. Et si il y a bien quelque chose que je ne supporte pas (plus ?), c’est l’intolérance.

J’ai besoin de dire que quelque chose m’agace. J’ai autant besoin d’exprimer que mes deux enfants sont la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie, que de dire « putain, c’est dur ». Chaque jour ou presque. Sans répit, sans repos, jamais. Vigilance toujours, sacrifice souvent.

Alors les « c’est bon hein, si vous ne vouliez pas de gosses pour ne pas être dérangées, il ne fallait pas en faire », désolée, mais ça ne passe pas ici.

Je voulais des enfants, je les ai, je les aime plus que tout, mais j’en chie (aussi) et je veux pouvoir le dire librement sans me sentir culpabilisée.

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