5 mai 2014

Du choix de l’école

© Anthonycz - Fotolia.com

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S’il y a bien un truc auquel tu ne penses pas en choisissant ton appartement à tout juste 30 ans – avant hier donc pour moi – c’est de regarder de quel collège ta nouvelle adresse va dépendre.

Non, tu penses bonheur, chance, crédit, trouille, plan, superficie, charges et réfection des parties communes.

Au mieux tu te réjouis de la présence d’une école maternelle juste en face et tu te félicites de ce petit point positif.

Et pourtant.

Arrive le jour où tu parles collège avec tes copines mamans du quartier et tu découvres l’ampleur des dégâts.

Certes nous n’habitons pas non plus un des quartiers les plus malfamés de Paris. Je sais, merci, je suis née à Argenteuil je vous rappelle et j’ai pris la ligne de train tant décriée Paris gare du Nord / Valmondois ou Pointoise pendant des années. Alors, en matière de racailles, je m’y connais un peu.

Cependant, pas de bol, le collège public dont nous dépendons n’est pas folichon.

Fort de ce constat plusieurs possibilités :

– déménager

– se dire qu’au moins dans un collège médiocre mes enfants découvriront la vraie mixité sociale, les dangers de la vie, qu’ils apprendront à se défendre (ou pas), qu’ils auront d’excellentes notes pour prétendre ensuite à un lycée bien coté…

– trouver des pistons, mais pas des moindres, pour réussir à obtenir une dérogation (réussir < voir la courbe du chômage baisser 6 mois de suite en France)

– magouiller (une histoire de sous-location de chambres de bonnes ou d’entente avec des gardiens, mais, il me semble que cela soit finalement bien plus complexe encore – sans parler du côté illégal de la chose -, car on est censé fournir une fiche d’impôt prouvant qu’il s’agit bien de sa résidence principale… bref, j’ai pas cherché à comprendre)(call me trop honnête)

– passer de l’autre côté de la force : en école privée.

Devinez l’option choisie après moultes et moultes prises de têtes, réflexions, posages de pour, de contre, de prises d’avis, de-ci, de-là… ?

Voilà. Les enfants iront donc dès la rentrée de septembre poursuivre leur primaire en privé.

Moi, l’ancienne petite fille élevée dans un cadre catholique non pratiquant, mais convertie athée à l’âge adulte, moi la pro mixité sociale, mais moi la maman paniquée pour l’avenir de ses enfants, je passe de l’autre côté. Ah non pas du périph hein, faut pas déconner. Uh uh. Juste du côté privé.

Je vous rassure (ou alors, je continue de me rassurer… merci le blog), nous avons trouvé une petite école, hyper accueillante, bienveillante, ouverte aux non-catholiques, le Directeur nous a plu immédiatement, sa personnalité, ses choix d’éducation, mais aussi la manière qu’il a de parler de « ses enfants ». Nous n’étions pas sûrs en arrivant à l’entretien en ce début janvier, en ressortant 45 minutes plus tard, nous étions heureux, le choix était évident. Nous étions convaincus. OUF. Nous étions pris. Il a bien fallu expliquer que bon, finalement, malgré la demande d’inscription en CE1… c’était un CE2 qu’il nous fallait pour le P’tit Grand Sauteur de classe. Là encore, le Directeur a parfaitement bien pris la chose.

Lorsque j’ai publié sur Facebook un statut concernant notre « annonce » aux enfants, début avril, vous avez été nombreuses à me demander ce billet. J’ai mis du temps à le rédiger, car je ne veux absolument pas donner une image fausse de nos réflexions. Ce choix est entièrement fait selon notre propre contexte de vie, nos valeurs, nos envies pour nos enfants, nos moyens aussi, évidemment. Il ne constitue absolument pas un jugement vis-à-vis des autres parents d’élèves de l’école publique qui vont eux choisir de rester dans le public et donc de partir vers ce fameux collège.

Encore une fois, on s’est posé beaucoup de questions.

Attendre l’entrée en 6e de Choupie pour faire une demande en privé ? C’était pour nous trop risqué. Non membres d’une paroisse, sans piston et malgré un excellent livret scolaire, les chances étaient faibles d’accéder « au graal »… Nous n’avons pas voulu prendre le risque et c’est d’ailleurs ce qu’on a expliqué aux enfants : pour aller dans le privé au collège, il vaut mieux y être rentré avant…

Alors, oui, la raison principale de notre choix est clairement « le collège ». Mais pas loin derrière, je ne vous cache pas que je suis, sur certains points, déçue par l’encadrement du public. Nous avons la chance d’avoir une excellente école publique, un bon directeur accessible, des maîtresses EN OR. Vraiment. Mais voilà, on en a marre des bagarres, des bonbons qu’on s’échange quotidiennement, marre des insultes, du vocabulaire, marre du « laisser-aller » dans la surveillance.

Je suis agacée par la méthode de cet animateur d’un atelier périscolaire qui promet des bonbons aux enfants s’ils sont sages !!! Pardon, mais on est où là ?

Je suis agacée par le surveillant d’une étude qui « met ses pieds sur le bureau et son sac sur sa tête » pendant qu’il est censé aider les enfants à travailler… au minimum les surveiller… Ah ça, ça fait rire les gamins… moi, moins déjà.

Des petites choses, des banalités (hélas), du rien du tout, qui s’accumulent et qui me font tout de même grincer les dents et du coup… qui me font apprécier les valeurs prônées dans la nouvelle école. Ces règles de « vivre ensemble », elles aussi toutes simples, mais tellement nécessaires me semble-t-il, sont affichées dans les couloirs de la nouvelle école… Nous avons montré tout ça aux enfants. On leur a dit « ne vous inquiétez pas, ces règles, vous les connaissez, se sont les même qu’à la maison, que dans notre vie de tous les jours – respect, travail, amitié, entraide et partage -, mais là, elles devront vraiment être respectées, c’est tout« .

Croyez-moi si vous le voulez, mais ils sont contents. Ils ont apparemment compris nos motivations, notre choix. Bien sûr, Choupie surtout, n’en mène pas large pour ses copines qu’elle va devoir quitter. Le P’tit Grand lui, disons les choses clairement, semble soulager. Lui qui doit depuis le début de l’année, lutter contre de petites « discriminations » liées à son changement de classe. Là, au moins, personne ne saura. Il repart à zéro avec des nouveaux futurs amis à se faire. Il est ravi. En plus, cette année les CE2 sont partis en classe découverte, et ça, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd lors de la présentation de sa nouvelle école…

Alors, on verra bien. J’appréhende, évidemment. Encore une fois, une histoire de choix. Bon, mauvais. On ne saura jamais.

C’est la vie de parents. Bon sang…

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