La culpabilité maternelle : de la difficulté d'être mère

e-Zabel, une working maman parisienne, pas parfaite (et tant mieux) !

La culpabilité maternelle

Vous le savez, c’est mon cheval de bataille.
Ce blog, je l’ai créé pour faire passer un message à toutes les mamans (pour ça, j’ai opté pour l’humour et l’autodérision) : arrêtez de culpabiliser.

Pas simple, voir impossible d’y arriver à 100%, je vous l’accorde. La société est culpabilisante, les proches même parfois sans le vouloir sont culpabilisants, la mère (qu’on croit) parfaite est culpabilisante, même la concierge y va de son petit mot culpabilisant quand elle vous lance : « attention, son bonnet est mal mis, il va avoir froid aux oreilles ! »

C’est mon cheval de bataille, parce que j’en ai souffert et que j’ai compris et bien intégré maintenant, en me soignant les neurones, que non, les mamans parfaites n’existent pas, que de toute façon, il y aura toujours un truc qu’on ne fera pas bien, que par définition un choix entraine obligatoirement un doute d’avoir bien ou mal fait… bref, c’est ainsi.
Et croyez-moi, le jour où on lâche un peu la pression, qu’on accepte de prendre un peu de temps pour soi, qu’on relativise les petits problèmes, eh bien, l’enfant lui, il va mieux AUSSI.
Je n’ai pas envie que mes enfants pensent que je suis super woman, je veux qu’ils sachent que je suis parfois fatiguée, triste, de mauvaise humeur et puis que non, je ne sais pas TOUT, qu’il faut parfois regarder dans un livre ou sur internet pour avoir la réponse à leurs questions.
Pas la peine de leur filer la pression, la société leur en donnera l’occasion déjà bien trop tôt et bien trop souvent.

Parce que la culpabilité on se la prend, nous les mamans, dans la tronche dès que la petite croix bleue apparait sur le test de grossesse :
souvenez-vous…

– « Je suis enceinte ! »
– « tu n’as pas bu d’alcool j’espère ! Limite le café aussi, et puis arrête immédiatement de fumer ! »

– « j’ai des douleurs aux ventres, j’ai peur de faire une fausse couche »
– « c’est de ta faute, je t’avais dit d’arrêter de porter/faire du sport/travailler trop tard… »

– « J’ai pris 4 kilos en 1 mois »
– « Mais c’est beaucoup trop, tu dois faire attention à ce que tu manges, le bébé pourrait faire du diabète… »

– « J’ai mangé du fromage au lait cru »
– « Malheureuse, tu n’es pas dingue ! Tu as eu la toxoplasmose déjà ou pas ? »

– « Je fais de l’hypertension, c’est courant en fin de grossesse mais j’ai peur »
– « T’es trop angoissée, déstresses, tu vas faire monter ta tension »

On n’oublie pas non plus les adorables commentaires suivant les félicitations d’usage :
– « mais comment tu vas le faire garder ? »
– « mais comment allez vous faire, vous ne gagnez pas assez / votre appartement est trop petit / ton couple n’est pas assez stable… »
Merci bien, je voulais juste vous faire partager ma joie.

Et ça continue évidemment en mille fois pires dès la naissance :

L’allaitement est LE sujet culpabilisant : biberon ou sein, quoi qu’on choisisse on trouvera toujours sur le chemin une gentille remarque qui nous indique qu’on a tout faux.

Le pédiatre qui vous engueule parce que vous n’avez pas su déceler l’angine ou l’otite surinfectée de votre petit.
« Mais madame, vous entendez bien que ça siffle dans ses bronches ! » (euh… non en fait désolée…)
Pensée spéciale à Julie qui a publié un article récemment à ce sujet.

En grandissant, ça ne s’arrange pas :
Il ne prend pas assez de poids, votre lait n’est pas assez bon ou vous n’en n’avez pas assez, vous l’allaitez encore à 15 mois, il sursaute facilement, donc il est angoissé, il ne dort pas bien…
TOUT EST VOTRE FAUTE, d’ailleurs vous le couvez trop ou au contraire vous n’êtes pas assez maternelle avec lui. TOUT FAUX JE VOUS DIS.

Comme si l’on n’en avait pas assez, les politiques maintenant s’y mettent en voulant légiférer sur la fessée. Je vous invite à lire Aude qui nous donne son avis et qui reprend aussi ce thème de la culpabilité : car nos petits fessés risquent d’avoir des déviances sexuelles plus tard.
Allez, une de plus.
Cela nous suffisait déjà amplement de nous en vouloir d’avoir cédé à la tapette sur le popotin, on n’avait pas besoin de savoir qu’en plus on allait faire de lui un délinquant !

Moi je dis ça suffit, foutez-nous la paix ! A quand de vraies aides non culpabilisantes et sans jugement pour les mamans dans le besoin ?

Même les magazines pour jeunes parents nous renvoient sans cesse une image quasi parfaite de la maternité où tout il est beau et il est rose ! Et quand arrive une galère, un vers qui s’introduit dans la douce machine, on ne se retrouve plus dans ces lectures et… on culpabilise de n’être pas NORMALE.
Voila, donc je continue à l’écrire, dès que je peux :
NON, être maman ce n’est pas QUE du bonheur.
On est toutes dans la même « galère », on est NORMALES.
Alors on relâche la pression et on profite.

non ?

75 commentaires

  1. et si vous n’avez pas encore d’ados, et que, na¨vement , vous croyez que ça change quand ils grnadissent, détrompez vous : tout pareil ! vous portez la faute originelle, jusqu’ à la fin de vos jours ! Alors il ne reste qu’une chose à faire: profiter de chaque minute passée avec nos  » sources de culpabilité  » ;)

  2. Oui mais que peut-on répondre à toutes ces personnes qui nous culpabilisent ? :S
    Il faut bien leur clouer le bec, non ?!

  3. @toutes : un grand merci pour vos NOMBREUX commentaires, je m’en doutais un peu mais…c’est officiel : on pense toutes pareil (à l’exception de la fessée, mais ce n’était pas le sujet)
    Je n’ai évidemment pas abordé TOUS les sujets de culpabilisation… et concernant l’aspect « femme au foyer sexy/salarié, etc. » ça fera sans doute l’objet d’un autre billet :?

  4. il n’y a pas qu’une manière d’élever son enfant.

    Comme le faisait remarquer ma pédiatre de la PMI de l’arrondissement, chacun fait comme il veut du moment que le bébé n’est pas en souffrance.

    Quand on est heureux, quelle que soit l’orientation d’éducation qu’on a choisit, bébé est heureux.

    j’allaite encore ma fille à 13 mois, maintenant on n’ose même plus me demander si j’allaite encore. Mais quand à 8 mois on s’exclamait, comment tu l’allaites encore, que j’allais en faire un bébé malingre, timoré, antisocial…ma fille est grasse comme une oie, hyper sociable, pas peureuse pour 20 centimes.

    Les filles, soyez fermes dans vos choix, c’est votre enfant, et s’il se porte bien, n’écoutez que vous!

  5. Culpabilité ?
    Je ne sais MEME pas ce que ça veut dire..
    A partir du moment où tu sais que tu auras tout faux quoi que tu fasses… pffffou, ben tu fais ce que tu peux épicétout…

  6. J’adoooooore !!!
    Oui on est crevées, on en a marre des fois !
    non on est pas parfaites ! mais ca on sait deja que quoi qu’on fasse notre mome nous le reprochera plus tard!!
    maintenant on fait de notre mieux et avec les moyens qu’on a !!!
    l’essentiel c’est que l’intention y soit !! on est pas des BreeeVandeKamp et on veut pas etre des Breee !!! vivent les Susan !
    courage les mamans !!

  7. Chère e-Zabel

    Je partage tout à fait ton point de vue sur la société française si culpabilisante.
    Je t’encourage donc à poursuivre ton « combat » et surtout à garder ton humour car c’est la meilleur arme contre toutes les attaques dont nous sommes la cible.
    Pour avoir énormément souffert des remarques des autres à la naissance de ma fille il y a 7 ans, je suis aujourd’hui chanceuse d’être de nouveau maman et de vivre à 6000 km dans un pays (certes pas parfait mais néanmoins) bien plus humain et plus chaleureux que ma terre natale.
    Je savoure donc d’être tout simplement maman et heureuse… même si on sait bien que notre vie de mère est loin d’être de tout repos où que l’on soit!!!

  8. même sans avoir d’enfants je me culpabilise pour n’importe quoi. Même quand mon chat me regarde d’un air triste parce que je l’ai engueulé… je n’ose même pas imaginer ce que ça donnera plus tard avec un enfant!!!

    A moins que je parte vivre sur une île déserte, tiens, ça devrait le faire ça… c’est vrai que tout le monde met son grain de sel sur l’éducation des petits des autres, c’est d’un hypocrite et d’une malpolitesse…
    courage les mamans !

  9. Je m’autoculpabilise encore….. j’essaie d eme soigner… pas facile :cry:

  10. Mille mercis pour cet article, je crois que comme toutes, je m’y suis pas mal retrouvé…dans les perles de la culpabilisation, j’en ai une pas mal qu’on me sort régulièrement « ma pauvre, ton homme t’a ENCORE fait un garçon » (deux garçons à la maison sans compter le padre of course !)…et vi on culpabilise même nos zhoms sur la couleur de la ptite graine !!!!

  11. Ohhhhhhhhh ! Quel article jouissif !!!!!!!! Que ça m’a fait du bien de le lire ! Moi qui culpabilise à chaque gentille parole : « la purée est trop lisse », « je serais toi je l’aurais déjà emmener chez le pédiatre », « tu le couches si tôt ? Tu ne dois pas trop en profiter le soir  » … Entre mon mari qui ne comprend pas que je prenne les paroles de ma nounou de travers et ma mère (puéricultrice en plus) qui ne comprend pas que j’en ai assez qu’on m’explique comment m’occuper de mon fils (bin oui, « généralement les enfants font ceci ou cela » …), et là je ne parle que des deux conseillères en chef, je pensais que j’avais un problème. Et en fait, non ! Merci E ZABEL !
    Merci de nous faire partager ton quotidien au travers de ton blog. J’adore le ton de tes billets ! Un vrai rayon de soleil.

  12. Bonjour, bonjour!

    Aaaaahhh la culpabilité…Je crois que cette petite bête se greffe en nous dès l’instant où nous savons qu’un p’tit bout nous pousse dans l’ventre!

    Mais ma formation (suis éduc de jeunes enfants…je sais, je sais…nobody is perfect comme dirait l’autre!) m’a appris à mettre de la distance et à relativiser…
    Attention, attention, grosse révélation : et bien non les professionnels de la petite enfance ne sont pas des parents parfaits (dingue ça, nan??!!) Et heureusement j’ai envie de vous dire! gardons-nous bien d’être parfaits, nous empêcherions nos chères têtes blondes (ou brunes ou rousses et j’en passe…) de grandir!!! ( et ça c’est valable pour tout le monde, hein…mais vous aviez compris)

    Alors au diable la culpabilité! On n’est parent certes mais pas que!

    sur ces bonnes paroles, bonne fin de journée et vive nous!!

  13. OOOOUuUUiiiiii!!!!!!!!!!!!!!! c’est tellement vrai!!! merci d’avoir si bien résumé!!! moi j’ai la tête si pleine parfois que je ne sais même plus analyser seule ce qui se passe, trop démotions qui arrivent d’un coup.

    aprés cette douce lecture, lol, me sens moins seule!!suis moins négative envers moi même! :P

  14. La pression qui va avec: être à la hauteur, toujours.
    Etre femme, working girl, mère, amante, épouse, cuisinière, sexy, solide, stable, indépendante, gestionnaire, attentive, attentionnée, douce, tendre, caline, autoritaire, fiable… et au final: coupable

  15. Pas facile le job de Maman, combinée à celui d’épouse, de copine, de manager…
    Ton post fait plaisir à lire et déculpabilise (au moins pour le 1/4 d’heure qui arrive…) :-)

    Merci! :idea:

  16. Juste un mot …. Merci ! Merci de le dire ! Et contente qu’on en est parler dans les maternelles ;)

  17. Intéressant ce témoignage! Je l’ai partagé sur ma page Facebook (www.facebook.com/lartdetremaman) car je traite du thème « Est -ce toujours la faute des mères? » cette semaine…
    Merci !

    Sylvie

  18. Effectivement tu a tout dit. J’ai a mon tour un problème. J’ai accouché il t’a à peine 2 mois mais ma petite puce n’a pris que 400gramme depuis qu’elle est née. Que faire . Est-ce grave. Help. A la naissance elle avait 3 kl 200. A 2 mois elle pese 3 kl 600. Je stresse à mourir. Aider moi svp… 

Laisser un commentaire

:) ;) :D :P :o :S :angry: :( :? :| :x 8) :cry: :kiss: :angel: :evil: :mrgreen: :arrow: :idea: :?: :!: more »

 
Top