14 janvier 2015

Elle a 10 ans aujourd’hui

10 ansElle a 10 ans aujourd’hui.

Je vais en avoir 40 à la fin de l’année.

Encore une nouvelle étape pour nous.

À 10 ans, je découvrais les K7 que je rembobinais avec un crayon.

Elle aimerait un « casque pour écouter la musique et le petit machin qui sert à la mettre dedans » (ma fille, cette fausse geek)

À 10 ans, j’allais très rarement au cinéma ; c’était alors la grande aventure : il fallait acheter l’Officiel des Spectacles ou téléphoner au numéro surtaxé de la salle de cinéma pour connaître les horaires des films. La 3D n’existait pas et 20 francs (3 euros) suffisaient pour découvrir Taram et le Chaudron Magique ou Oz, un monde extraordinaire.

Elle découvre en moyenne 1 film par mois, en 3D, en 4K avec son Dolby Atmos. Pour la « modique » somme de 6 euros (HP Hors PopCorn)

À 10 ans, je ne lisais pas autre chose que le programme Télé et le Prima de ma mère.

Elle dévore 5 bouquins par mois minimum et je ne me sépare jamais de la carte de fidélité de la librairie Le Divan Jeunesse.

À 10 ans, je n’avais pas encore dormi chez une copine ou chez mes grands-parents sans la présence de ma maman.

Elle part jusqu’à 5 semaines de suite chez ses grands-parents et a dormi chez nos voisins à peine âgée de 3 ans.

À 10 ans, j’étais fille unique.

Son frère est la personne qu’elle aime et déteste le plus en même temps.

À mes 10 ans, le téléphone était encore à cadran et avec fil : je parlais à mes camarades de classe assise en plein milieu du couloir.

Ses copines laissent des messages sur mon portable, elles les rappellent de sa chambre, porte fermée.
À 10 ans j’avais aussi des tics. À 10 ans j’avais aussi souvent mal au ventre. À 10 ans je ne savais pas non plus vraiment comment me faire des amies ni ce que je ferai plus tard.

Il y a 10 ans, à 9h, je subissais une césarienne programmée à 3,5 semaines de mon terme. Parce qu’elle avait déjà décidé de pas être comme tout le monde, tête en haut donc, parce que je faisais de l’hypertension, parce qu’on l’annonçait avec un retard de croissance…

Il y a 10 ans, je n’en menais pas large, mais j’étais soulagée qu’elle sorte enfin pour être, au pire, prise en main et qu’elle ne risque plus rien dans mon ventre.

Je dis « elle », mais il y a 10 ans, je ne savais pas qu’elle était « elle ».

Dans la salle d’opération, cela a d’ailleurs beaucoup étonné, « c’est rare  les bébés surprises !  » m’a t’ont dit avec de grands sourires. Et puis elle est arrivée, elle n’a pas pleuré, mais on m’a dit qu’elle était ELLE et qu’elle ne semblait pas si légère que ça.

Enfin, on me l’a présenté, j’ai pu l’embrasser furtivement, son poids était plus que correct (2 kg 720), je n’étais que soulagement (et hypertension).

Ce matin, je l’emmène pour la 1ere fois à la tour Eiffel – on montera au 2e étage uniquement, le dernier étant fermé à cette période. Chut, c’est une surprise ! Je pense qu’elle sera heureuse.

Oublier les soirées de ces derniers jours très difficiles pour mon angoissée ultra sensible préadolescente et moi. J’entrevois bien clairement désormais les données d’un trop prochain conflit mère-fille que j’essaye déjà de mesurer et d’anticiper. Afin de désamorcer. Avoir le temps de bien cadrer, bien consolider la confiance et ainsi sécuriser le plus possible la prochaine étape.

Ce n’est pas gagné, mais c’est la vie, le conflit fait aussi partie de son développement. Je reste ferme et présente face à une toute jeune fille en devenir, avec son caractère déjà tant affirmé : ma Choupie à la fois tellement moi et totalement différente.

Joyeux anniversaire ma fille.

classé dans : Les bonheurs
article précédent article suivant

vous pourriez aussi aimer