2 avril 2013

Une page qui se tourne

7588949_sJe me souviens, j’avais presque 8 ans.
Nous avions visité quelques autres maisons, celle-ci n’était pas ma préférée. Trop froide. Sans doute à cause du marbre au sol.

Je me souviens de cet été, j’allais rentrer en CE2, je faisais du vélo toute seule dans les « sentes », petits chemins piétons perpendiculaires aux rues bordées de pavillons. J’ai appris plus tard que ces pistes étaient utilisées par les lépreux pendant les épidémies. C’est qu’en habitant plus de 12 ans dans une ville, on finit par connaitre son histoire.

Mes parents ont fait eux-mêmes les premiers travaux dans notre nouvelle maison, notre première maison. Il était déjà oublié l’appartement de cette grosse ville bruyante où je suis née. Au début, on dormait dans le salon, les matelas à même le sol. Très vite, ma chambre a été faite. Prête pour la rentrée scolaire. Puis les pièces se sont construites au fur et à mesure.
La maison était grande pour nous 3, et le jardin tellement agréable.
En quelques semaines je faisais la connaissance des enfants du quartier : que des filles ! Il y avait Sophie, Laure, Claire et la petite Soizic.

Mon enfance là-bas a été fort paisible. École et collège à 500 mètres à peine. Activités sportives à porter de bicyclette.

J’ai quitté ma maison une première fois pour m’installer à Paris afin de finir mes études sans courir de banlieue à Paris quotidiennement.
Je vais quitter ma maison une deuxième et dernière fois en mai.
La maison est vendue.
Mes parents vont s’installer définitivement là où il fait bon l’hiver et chaud l’été. Tout près de la mer toute bleue.
Je suis contente pour eux, évidemment. Une maison plus petite, un jardin tout aussi agréable, de nouveaux amis voisins. Ils ont eu le temps de s’y installer durant ses 5 dernières années, en y allant de plus en plus souvent. Pour finalement choisir et décider de ne plus jamais en repartir !

Les kilomètres ne me font pas trop peur. Les enfants iront régulièrement par avion en UM, comme l’été dernier lors de notre test grandeur nature !
C’est qu’on en parle depuis longtemps de ce déménagement. Et pourtant. Je ne m’attendais paradoxalement pas à ce qu’il arrive « si vite ». Je ne m’attendais pas à avoir cette petite boule au ventre.
La puce est très triste, elle. Je pense qu’elle gardera des souvenirs de cette maison où elle a passé régulièrement ses vacances. Elle a compris, du haut de ses… 8 ans que c’était mieux ainsi. Pour papy, pour mamie, d’aller vivre un peu plus loin d’ici.

À moi d’aller récupérer mes derniers souvenirs, que je vais désormais conserver dans ma cave à Paris.

(je vais aussi prendre les cartes fidélité Air France)

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