6 décembre 2013

Vieillir… à travers eux

Hein que j'ai l'air intelligente ?!

Hein que j’ai l’air intelligente ?!

Récemment on m’a demandé quel âge j’allais avoir aujourd’hui et si cela me faisait quelque chose de vieillir.

J’ai répondu bien poliment qu’on ne demande pas son âge à une demoiselle : 38 ans.

Et … oui et non.

Cela fait déjà plusieurs mois que je réalise que je vieillis mais ce n’est pas l’arrivée de rides ridules ou de cheveux blancs (d’ailleurs, je n’en ai aucun, OUF bon sang) qui me le font penser. Non, ce sont eux. Enfin, plus particulièrement, elle.

Elle me fait la vie dure, elle m’use et du coup je vieillis. Oui, certes. Mais ce n’est pas ça non plus. La vraie raison sur ce coup c’est la pré-préadolescence et le fait qu’elle a hérité d’un foutu fort caractère. Suivez mon regard.

Je réalise que je vieillis parce qu’elle grandit. Elle est désormais à un âge que je me souviens avoir eu.

Un âge où je me souviens que je me promenais seule en vélo dans les sentes près de notre nouvelle maison tandis que mes parents œuvraient à préparer ma chambre pour ma 1ere rentrée scolaire au vert.

Je me souviens de cette maîtresse de CE2 qui me faisait si peur. De nos premiers essais avec un stylo-plume en classe, de cette Chandeleur où maman était venue faire des crêpes dans la classe, de mes premières crises d’angoisse aussi.

Il y a 30 ans j’avais son âge. Et je me souviens parfaitement de mon état d’esprit, de ce que je ressentais (ou pas), de ce que je comprenais (ou pas).

Je me souviens quand ma mère a fêté ses 40 ans. Je trouvais que ça faisait vieux. Cela me faisait peur. Je ne voulais pas perdre ma petite maman chérie.

Hier soir ma puce m’a appelé sa « petite maman chérie« . On venait de se disputer. L’électrochoc a été violent. Elle est moi. Et si elle est moi, alors qui suis-je ?

J’ai donc vieilli. Je ne suis plus cette enfant, ni même cette éternelle ado ou jeune adulte. Non, je suis une femme, une maman, j’ai 38 ans. Et j’ai l’impression que toutes ces années sont passées sans que je ne maitrise rien, sans que je m’aperçoive de rien. Impression étrange d’avoir été un mouton une grosse partie de ma vie.

Je regarde désormais ma maman avec un autre regard, du coup. Car si je me souviens de mes 8 ans, je me souviendrai bien de mes 38… quand ma fille les fêtera à son tour.

Le cycle de la vie. Rien de plus banal en fait mais, la prise de conscience fait un drôle d’effet.

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