L’achat date déjà de quelques mois, il était inévitable : elle grandit. Je ne m’y attendais pas, si tôt, ou plutôt… je me refusais à voir la vérité en face : elle grandit.
Durant les 6 premiers mois de l’année, Ste Pedopsy nous a aidé à recadrer la pré-pré ado insolente que notre fille était devenue. Elle lui faisait remplir un tableau quotidiennement et nous faisions de même en décrivant ses colères et nos différentes réactions. Cela faisait encore « bébé », finalement, ces couleurs vertes, oranges et rouges utilisées pour évaluer ensuite les bons et les mauvais ressentis de chacun. Je tachais de faire attention, déjà, à ne pas (trop) regarder ses commentaires qu’elle réservait à la pedo-psy. Même si la tentation était très forte.
Aujourd’hui, elle va mieux. J’ai même cru au miracle. Depuis l’été, en effet, ses tics avaient totalement disparus. Pensant qu’ils reviendraient inévitablement à la rentrée, j’ai profité de cette accalmie. Mais c’est finalement seulement depuis peu qu’ils ont réapparu. Encore plus violents, pour nous en tout cas, le choc des « retrouvailles » sans doute… Cependant, j’ai espoir. Déjà, car je sais qu’elle peut les perdre à nouveau, elle nous l’a prouvé. Et puis, parce que contrairement à la même époque l’an dernier, elle va bien. Elle est plus épanouie, un peu plus sûre d’elle, elle semble plus libre, plus heureuse, moins tourmentée. Je le sens.
Elle ne fait plus de tableaux, nous ne donnons plus de points, mais elle continue à écrire… dans son journal intime.
Je suis dévorée par la curiosité et rattrapée immédiatement par mon statut de maman. (En vrai, je ne trouve pas cette fichue clé). Qui ne doit pas tout savoir. Mais qui aimerait bien connaitre l’essentiel tout de même, histoire de ne pas passer à côté de quelque chose d’important. C’est que Madame Culpabilité rôde toujours dans le quartier.
Alors voilà, le titre de mon billet, je suis sûre que vous le comprenez. Presque 6 ans que je parle ici de mes enfants avec humour, auto-dérision et 25e degré ; cela m’a aidé à faire passer beaucoup de messages aux mamans, qui je le rappelle, il y a 6 ans, ne pouvaient pas lire ce genre de choses partout comme c’est aujourd’hui le cas (la mode même). Cela m’a aidé, moi, égoïstement, à surmonter des moments difficiles psychologiquement dans ma vie de jeunes mamans paumée.
Il m’est cependant difficile depuis quelques temps, et les plus fidèles d’entre vous le savent et l’ont déjà remarqué, de parler d’eux de la même manière. Je crois que le ton de mes billets a changé sans que je m’en rende vraiment compte. J’ai changé, j’ai muri avec mon rôle de mère. Et puis surtout, ils grandissent (youhou quel scoop) et je me sens de plus en plus confrontée à leur droit à l’intimité.
Une chose est sûre : je n’ai rien oublié des galères, des questionnements, du ras le bol, de la fatigue des premières années avec un bébé. Je suis juste en train de passer aux galères, questionnements, ras le bol et fatigue des années suivantes.
Alors ? On continue ! Je continue à écrire ici. Peut-être que mon blog de jeune maman va progressivement devenir un blog de vieille maman hasbeen de deux pré-adolescents. On verra bien ?!
Je vous rassure (j’espère), j’ai plein d’idées pour le faire évoluer et impliquer davantage mes deux chenapants et puis je continue à écrire sur les sujets « jeunes mamans » grâce à ma participation au site des Mum to Be Party.



