Je n’ai pas l’intention de parler de ce qu’il s’est passé ni de vous dire où j’étais, ce que je faisais ce soir-là. Je suis touchée comme vous tous. Nous avons la « chance » de ne connaître personnellement aucune victime.
Je voulais juste publier ici ce que j’ai publié ce week-end rapidement sur facebook et twitter. Mon objectif étant simplement de partager les informations que je trouve bien faite pour nous aider, parents, à parler à nos enfants. Le PDF spécial gratuit d’Astrapi (pour les 7/10 ans), ce message pour les 3-6 ans et ce PDF de Pomme d’Api, mais aussi les éditions spéciales et gratuites du Petit Quotidien et de Mon Quotidien. Le Journal des Enfants – Le JDE pour les 9 à 14 ans prépare un dossier spécial pour son numéro du 19 novembre. Pour le commander, écrivez à jde@jde.fr ou appelez Christine au 03.89.32.70.05.
En les diffusant, j’ai reçu deux ou trois commentaires de mamans de « petits » m’indiquant leur souhait de ne pas en parler. Parce qu’ils ont pris soin de ne pas les mettre devant la télé, évidemment.
Une discussion très posée avec l’une d’entre elles a eu lieu sur ma page facebook hier soir et c’est ce qui me conduit à finalement prendre la souris ce matin pour publier sur le blog.
J’ai tenu à donner mon avis, j’ai osé donner un conseil, en précisant bien que je ne voulais pas que cela soit pris comme un jugement ou pire. Vraiment. Heureusement, comme dans 99% des cas avec vous, mes lectrices, tout se passe bien et nous pouvons échanger posément. Ce que j’aime ça. On appelle ça la liberté non ?
Mon avis sur la question est simple.
Oui, je pense profondément qu’il faut parler aux enfants. Même donc aux plus jeunes. Particulièrement aux enfants scolarisés. Donc, oui dès 3 ans.
Pourquoi ?
Parce que par expérience (ma fille aînée va avoir 11 ans en janvier, je peux vous dire que je commence à comprendre comment ça fonctionne, un enfant), et à force d’échanges avec des pédopsys notamment, je sais qu’un enfant sent tout.
Dans notre ventre le foetus sent nos réactions.
Et bien c’est pareil une fois dehors. Il voit bien, même si vous êtes les meilleurs acteurs du monde, que quelque chose cloche. Dans votre voix, vos gestes, votre comportement.
Et il n’y a rien de pire pour un petit de sentir qu’on lui cache quelque chose. Plus particulièrement : que ceux qu’ils aiment le plus, ses encadrants, son air bag (!!) lui cachent quelque chose.
Alors, vous allez me dire, non mais nous, on n’habite pas Paris, on n’a pas mis les infos, il a 3 ans, il n’a pas à être au courant.
Détrompez-vous. Ah comme j’aimerai vous dire « en effet ».
Le P’tit était en maternelle quand la tuerie de Toulouse est arrivée. J’étais en colère quand j’ai su qu’il y aurait une minute de silence à l’école. Je voulais lui cacher. Le protéger encore un peu. Des enfants avaient été tués. Il était si sensible déjà. Si emphatique. Et puis, je me suis posée, j’ai échangé avec d’autres parents, et des spécialistes de la petite enfance. Et ils m’ont ouvert les yeux. La réalité c’est qu’à l’école, d’autres enfants eux, savaient. Parce qu’ils n’ont pas des parents aussi protecteurs … qu’ils auront vus des images, entendu la radio et/ou tout simplement qu’ils ont des frères et soeurs plus grands. Les enfants dans la cour, je n’ai pas besoin de vous rappeler ce que cela peut donner. Des mots, des phrases, des expressions toutes faites entendues et rebalancer. Tout devient pire dans leur bouche.
Alors, il vaut vraiment mieux leur dire AVANT.
Avant même la maîtresse, qui fera sans doute très bien. Mais encore une fois, c’est nous les parents leur repère. Il ne faut pas perdre leur confiance.
Évidemment à 3 ans, nous n’aurons pas le même discours qu’avec une préado de 11 ! On va parler de méchants qui ont fait du mal à des gens. On va dire que les adultes sont tristes et qu’on va penser à eux un peu plus ces prochains jours. Et c’est tout. Pas la peine d’entrer dans les détails. L’important est de leur dire que quelque chose d’ « extraordinaire » (à prendre en son sens premier) est arrivé. Et que les gens sont tristes. Cela suffit.
N’oubliez pas de préciser que vous êtes là si des questions arrivent, maintenant ou plus tard.

