Chaque matin pour aller à l’école, nous traversons cette rue. Chaque matin, les enfants angoissent en arrivant au bord de ce passage « protégé » (de mon temps on disait clouté)(j’ai 40 ans).
Chaque matin, je me dis que je ne suis pas prête à les laisser y aller seuls, par ce chemin-là en tout cas. Le plus court.
C’est moi ou bien ?
Reprenons
Un passage piéton est une partie de la route aménagée pour permettre aux piétons de circuler en sécurité sur la chaussée, généralement pour la traverser. Il est conçu pour maintenir les usagers groupés dans un espace visible par les automobilistes et où ils peuvent circuler ou traverser en toute sécurité vis-à-vis du trafic routier. (source Wikipedia)
Ah, j’ai bon donc.
Mais euh
Toutefois, en France, un tiers des piétons tués en ville est tué sur un passage piéton.
C’est ballot.
Comment se fesse ? (pardon, faut bien rire un peu)
Peut-être parce que, rien qu’à notre échelle, sur NOTRE passage piéton, en nous voyant arriver, à QUATRE, 2 adultes, 2 enfants équipés de cartables, aux abords du passage, mais aussi SUR le passage, 1 voiture sur … 20 s’arrête !?
Les autres… au choix :
- font semblant de ne pas nous voir et passent à la même allure ;
- accélèrent ;
- font un écart (au point de se mettre sur la file d’en face et de risquer un accident) ;
- klaxonnent et nous insultent si on ose avancer un peu plus…
Oui parce qu’évidemment, pensez bien qu’on ne se laisse pas faire et puis qu’on aimerait ACCESSOIREMENT TRAVERSER EN FAIT HEIN, et pas dans 2 heures. Généralement, l’un de nous (l’Homme ou moi, pas les enfants bien sûr, qui eux restent sur le trottoir à nous hurler dessus de trouille) passe devant et tout en faisant bien attention, je peux vous dire qu’on en fait piler beaucoup, mais alors, beaucoup. Certains s’excusent légèrement. On voit d’ailleurs que notre action les a clairement réveillés !! D’autres réagissent beaucoup plus mal. Peut-être par peur, mais, clairement, je m’en tape.
La palme revient à cette dame. Je n’étais pas là (heureusement), c’est l’Homme et la puce qui l’ont joyeusement rencontrée un matin. L’Homme l’a fait s’arrêter puisqu’elle ne semblait pas, comme 99% des conducteurs, se souvenir que le piéton est PRIORITAIRE. Elle a ouvert sa vitre et a lancé : « ça ne va pas non ? Vous voulez vous faire tuer ou quoi ?! Moi, je m’en fiche vous savez, si je vous écrase, je suis assurée ».
MAIS OUI. OUF HEIN.
L’Homme – étonnamment pour ceux qui le connaissent – en est resté bouche bée, il n’a rien réussi à lui sortir. Les « et si c’était tes enfants/petits-enfants à notre place tu trouverais ça normal peut-être ? » ou autres noms d’oiseaux ne sont pas sortis.
Juste une haine, un sentiment d’injustice totale, un mal de bide à en vomir.
Mais ouf, la loi est de notre côté :
Selon le Code de la route, le piéton est prioritaire aux abords des passages piétons et son non-respect constitue un refus de priorité donnant suite à une amende et perte de points.
#ohwait
Vous avez déjà vu des policiers verbaliser pour les feux rouges grillés quotidiennement en ville ? Pour les passages piétons non respectés ?
C’est marrant, j’ai l’impression de connaître la réponse.
En attendant, on en est là. À répéter 1000 fois aux enfants qu’il faut être prudent que même si le feu est vert pour eux, ils doivent vérifier et attendre que les voitures soient vraiment à l’arrêt pour passer.
En attendant, on retarde le moment où l’on va devoir les laisser se promener seuls dans les rues.
En attendant, on angoisse en y pensant. Et on s’énerve chaque matin.
Je n’en peux juste plus de ces incivilités.

