Je sais que je suis bizarre car, enceinte, ou même encore jeune maman, je ne me suis jamais vraiment posé de questions… finalement ce n’est peut-être pas si mal, mais je referai un billet spécial à ce sujet…
En tout cas, il y a bien un thème auquel je ne pensais pas être confrontée.
Depuis que les enfants sont à l’école, il n’y a pas un jour où au moins l’un des deux ne me raconte ce qu’il se passe dans la cour de récré.
Ce lieu qui dans mes souvenirs de sage écolière (à couettes, socquettes et à jupe cousue par ma maman) était synonyme de liberté, de course, de jeux, de cri de joie, de secrets…
En fait, il n’est plus.
Du tout. Et encore, je pense être dans un des quartiers les plus tranquilles de la capitale.
Exemples en vrac :
Maman, machin il a donné un coup de poing à truc »
Maman, aujourd’hui on m’a donné un coup de poing dans le ventre pendant la queue de la cantine, j’arrivais plus à respirer »
Maman, tu sais, trucmachin il a été à l’hôpital aujourd’hui, il saignait du front, l’autre il l’a poussé contre le mur de la cour »
Maman, chose m’a mordu le doigt, ça a saigné »
Voilà pour les violences physiques…
Mais il y a aussi les « copines » qui insultent
Maman, C. elle m’a dit conne »
Sans parler des menaces …
Maman, j’ai passé les tests pour entrer dans le groupe, j’ai dit « t’es nul » à un garçon dans la cour »
Non, maman, j’ai pas dit à un adulte pour la morsure parce que chose m’a dit de pas le dire »
Et des chocs à la tête que je découvre, par pur hasard, le soir au coucher
Aie maman tu m’as fait mal avec ton câlin cheveux, j’ai mal à la tête, ici »
Et là, en effet, un bleu, une légère bosse même cachée par les cheveux. On discute, et on apprend que le petit s’est violemment cogné à la tête contre un copain – par accident (sans doute en plus). Une autre fois, c’était choupie qui était carrément, elle, tombée sur la tête. Personne ne m’a prévenu à la sortie. Mais tu sais, « on m’a mis de la glace ! »
Et mon angoisse de remonter alors : et si, dans la nuit, elle avait été prise de vomissements ?! J’aurai pensé à quoi moi ? A une gastro ! Et non pas à une éventuelle conséquence du traumatisme.
Alors, non seulement, je ne comprends pas cette violence quotidienne : verbale, physique, psychologique. Dès le plus jeune âge. La cour, c’est la jungle, il n’y a pas un jour où en les déposant le matin je me demande si, aujourd’hui, on va m’appeler, si « cela sera mon tour ».
Je sais qu’on ne peut pas être derrière chaque enfant. Merci, je ne suis pas née de la dernière pluie. Cependant, je pense qu’on peut attendre des encadrants, à qui on confie chaque jour, la chaire de notre chaire, en toute confiance, un minimum d’attention et de suivi, durant les récréations ou à la cantine.
Des accidents ça arrive. Mais des enfants tabassés dans un coin de la cour, cela ne devrait pas exister.
Je termine avec une pensée de vieille (conne ?) que je suis devenue : « de mon temps, à la moindre dispute dans la cour, au moindre coup de pieds balancés, on se retrouvait convoqué chez la Directrice et on était mort 1/de honte 2/ de peur »
Evidemment, je n’ose imaginer ce que cela va donner dans quelques années. Je me prépare doucement mais sûrement (ou pas)


