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Eh oui !!! Un sujet bien sérieux aujourd’hui, mais qui me tient à cœur.
Pourquoi ? Parce que l’idée de faire don de mes ovocytes m’a traversé l’esprit il y a quelques mois… même si cela ne s’est pas concrétisé (encore), je pense qu’il est important d’en parler, d’expliquer, afin peut-être de réveiller en quelques mamans une envie !

Je suis donc très heureuse de vous faire partager aujourd’hui, outre une explication claire et rapide de ce qu’est le don d’ovocytes, deux témoignages de mamans donneuses qui ont bien voulu répondre à mes questions !

Avant tout, je vous invite à consulter le site officiel DON D’OVOCYTES et notamment de télécharger la très bien faite plaquette informative.

Qui peut donner ?
Vous pouvez faire un don si :
- vous êtes maman
- vous avez moins de 37 ans
- vous êtes en bonne santé
- vous avez l’accord de votre mari, concubin, enfin de la personne qui partage votre vie de couple

Les fondamentaux :
- le don est gratuit (mais toutes les démarches médicales de la donneuse sont prises en charge)
- le don est anonyme
- le don est volontaire, vous pouvez donc revenir sur votre décision jusqu’au dernier moment, c’est à dire l’utilisation des ovocytes.
- le don d’ovocytes est une technique maitrisée qui existe depuis 20 ans en France

Différentes étapes jalonnent la démarche, cela commence par une phase informative et se termine évidemment par le prélèvement sous anesthésie générale des ovocytes. Entre les deux, la donneuse aura subi de nombreux examens médicaux et psychologiques.

Je laisse la parole à mes deux témoins :

Les motivations des donneuses
Sandra (son prénom a été changé, car elle souhaite reste anonyme) ne connaissait pas le don d’ovocytes avant qu’un couple d’amis très proche lui en parle. Ces derniers n’arrivaient pas à avoir d’enfants, et après de longues années, se sont vu proposer de bénéficier d’un don d’ovule.

« En France, le don d’ovocyte est anonyme et gratuit. Le problème est qu’il y a très peu de donneuses et le délai d’attente pour les couples receveurs est donc de cinq ans en moyenne pour avoir accès au don d’ovocyte.
Quand le couple demandeur « fournit » une donneuse, le délai d’attente est réduit à 9-12 mois !
Evidemment, l’ovocyte donné n’est pas pour le couple qu’on connait, il est donné à un couple inconnu de nous et fécondé immédiatement après prélèvement. Donc, quand mes copains m’ont dit cela, je leur est tout de suite proposé d’être donneuse, ayant déjà trois enfants. Leur soucis de ne pouvoir avoir d’enfant m’a toujours beaucoup affecté et j’avais enfin l’occasion de pouvoir les aider. »

Christel de son côté a profité de sa grossesse pour trainer sur des forums de mamans. Au fur et à mesure, elle s’est intéressée à ces femmes qui n’arrivaient pas à avoir d’enfants. Même après la naissance de sa fille, elle a continué à les suivre et elle s’est attachée à elles.

« Moi qui n’avait eu aucune difficulté à tomber enceinte, et qui traversait une bonne grosse dépression post partum (6 mois… ) je me sentais d’autant plus ridicule de ne pas réussir à être heureuse alors que d’autres agonisaient de ne pas avoir de bébé. J’ai pu constater que pour beaucoup de ces femmes, le seul moyen qu’il leur restait après des années de galère, pour espérer un jour tomber enceinte, c’était un don d’ovocyte. Au-delà du débat, « être mère n’est pas un droit / et l’adoption, alors ? » je me suis sentie solidaire de ces femmes et l’idée a fait son chemin. D’autant plus qu’un groupe de discussions s’était créé entre futures donneuses, qui partageaient leurs expériences, j’ai eu envie de me lancer aussi dans l’aventure.  Quelque part pour me prouver que je pouvais être fière de moi. J’ai mis 2 ans avant de me décider. »

La réaction des proches
Sandra a choisi de n’en parler à personne, surtout que ces amis ne voulaient pas non plus parler de leur choix.

Christel a ressenti beaucoup d’incompréhension autour d’elle, son mari par contre n’était ni pour ni contre :

« c’est surtout qu’il ne voyait pas l’intérêt de s’embarquer dans un parcours semé d’embuches pour quelqu’un de complètement étranger, mais il a donné son accord (pré requis pour tout don d’ovocyte à l’époque, alors que dans le cas d’un don de sperme, ça n’est pas obligatoire…). »

Les étapes les plus difficiles à franchir
Christel :

« Le don remonte à bientôt 6 ans maintenant, je n’en garde pas de souvenirs d’étape plus difficile que d’autre. Du stress, de l’attente, oui, mais pas vraiment d’épreuve. La ponction en elle-même, sous anesthésie locale (à ma demande) fut certes un moment désagréable, mais au final pas plus qu’une séance chez le dentiste. »

Sandra :

« aller aux différents rendez-vous qui nécessitent du temps dans la semaine, ce qui difficile quand on travaille.
1. 1ere consultation médicale : explication par un médecin du don, des risques et prescription d’un bilan (une prise de sang et une échographie des ovaires)
2. faire la prise de sang et l’échographie à un certain moment du cycle menstruel.
3. 2ème consultation médicale : délai d’1 mois incompressible avant de revoir le médecin avec les résultats des examens.
Si les examens sont satisfaisants :
4. 1/2 journée à l’hôpital pour : entretien avec un généticien, entretien avec un médecin, entretien avec un psychologue, prise de sang.
Si tout les examens sont bons et qu’il n’y a pas de contre-indication au don (ex: maladie génétique héréditaire) :
5. 3ème consultation médicale : explication du déroulement du don et du traitement à faire pendant le mois précédent
6. traitement hormonal par injection sous-cutanée tous les jours pendant un mois (par une infirmière ou par soi-même) à la maison
7. surveillance échographique et prise de sang tous les deux jours pendant 8 jours (sauf le week-end) avec consultation avec un anesthésiste le dernier jour
8. hospitalisation de jour pour anesthésie générale de 15 minutes pour le prélèvement d’ovocyte, à partir de 7h du matin,  sortie à 16h.
On ne sait pas à qui on donne, si le don a permis d’obtenir un embryon et si il y a eu grossesse.
Cela prend environ 4 à 6 mois en tout. »

Les effets secondaires, les inconvénients
Christel :

« J’ai eu de la chance, je n’ai eu AUCUN effets secondaires. Ni prise de poids, ni douleurs, ni rien. Je n’ai pas peur des piqures, j’ai réussi à trouver des infirmières et des  médecins près de mon bureau ou près de chez moi, et à caler les rendez vous dans mon emploi du temps de façons à ce que mon organisation n’en soit jamais dérangée (pas de mode de garde à trouver pour ma fille), nous avions un rapport tout à fait clair et sain en ce qui concernait le remboursement des frais médicaux qu’il fallait avancer (j’ai fait un don direct non anonyme, interdit en France mais autorisé en Belgique, avec un suivi en France par des médecins compréhensifs). Tout ça a facilité grandement les choses. Malheureusement ça ne se passe pas toujours aussi bien. »

Pour Sandra, le plus difficile reste les trajets pour les rendez-vous médicaux parfois longs, même si pour les prises de sang, les donneuses sont prioritaires.
Autres inconvénients, les piqures quotidiennes pendant 28 jours.

« En revanche, le don lui-même, ce n’est vraiment rien. On est un peu fatiguée le soir et le lendemain mais je suis retournée au boulot le lendemain sans problème. De toute façon, ils proposent un arrêt de travail si on veut.
par ailleurs, tout est gratuit (prise de sang, écho, traitement, hospitalisation), ils sont au petit soin avec les donneuses. »

Des changements à apporter au système ?
Christel :

« Je pense qu’un défraiement, une indemnité forfaitaire fixe, raisonnable (j’imagine autour de 500 euros) éviterait peut être pas mal de malentendus entre les donneuses et les receveuses. Au-delà de la beauté du geste comme on dit, il y a tout ce que ça implique au quotidien, moi je n’ai donc pas eu de soucis, mais j’imagine peut être qu’en province, ce n’est pas aussi facile de pouvoir s’organiser aussi bien, ou s’il faut poser des jours de congés au bureau, faire des kilomètres pour assister aux rendez vous médicaux, ou trouver un mode de garde pour ses propres enfants, ça  peut poser souci. Je parle de ce que j’ai pu constater parmi les donneuses qui se sont lancées en même temps que moi, quelques histoires se sont mal passées à cause d’incompréhensions mutuelles car sans cadre clair et précis, ça peut rapidement dégénérer. »

Voila, je n’ai pas fait ce billet pour créer un débat autour du droit à l’enfant par exemple dont on parle beaucoup en ce moment. Je veux juste faire la promotion d’un don qui existe, qui est légal et qui peut aider de nombreux couples à devenir parents.
Qu’en pensez-vous ? Avez-vous été tenté ? Qu’est-ce qui vous a freiné ? Ou peut-être l’avez-vous fait ? Je sais qu’une de vous a « échoué » aux examens médicaux par exemple…