16 octobre 2013

Un énième merveilleux bilan des nouveaux rythmes scolaires

Bon, je pense que j’ai pris suffisamment de recul et qu’il est temps de ré-aborder la question qui fâche beaucoup : celle de la réforme des rythmes scolaires.
Souvenez-vous, nous avons déjà largement débattu ici au printemps.
J’avais fini par me dire que le mieux était peut-être d’attendre et de juger en temps venu. Qu’avec un peu de chance on pourrait être surpris positivement (oh ça va, on peut rêver non ?)

Force est de constater que le sujet fait couler beaucoup d’encre et de caractères à la police très énervée. Tout le monde en parle, notamment sur les blogs, les réseaux sociaux, dans les journaux. Même ceux qui ne sont pas concernés. C’est que le sujet est à la mode, il ne faudrait pas manquer de faire de la page vue.

Alors, comme je n’aime pas écrire sur les mêmes sujets que tout le monde ET que je voulais vraiment laisser passer quelques semaines de classe à ce nouveau rythme avant de faire un bilan personnel, je me suis tue jusqu’à aujourd’hui.

Histoire, toujours, de ne pas faire comme tout le monde, j’ai même cherché des points positifs à cette réforme afin de vous les exposer, dans ce qui aurait donc été un billet « à contre-courant ». Perdu. Mission impossible. Je n’ai trouvé aucun témoignage.
Ensuite, j’ai décidé de faire un billet à bullshit, pardon, à bullet point du style : « les plus et les moins de la réforme pour la famille e-zabel ».
Des heures de réflexion pour ne trouver qu’un seul et unique point plutôt positif (Alléluia) : je peux travailler le mercredi matin chez moi, peinarde. Point, hélas, valable uniquement si vous travaillez à temps partiel.

Alors, je ne reviendrai pas en détail sur l’ensemble des témoignages/articles que je lis, ici et là depuis la mise en place, dans certaines villes, et notamment bien sûr, à Paris.

En résumé seulement : c’est le bordel !
Vala, de rien.

En gros :
La mise en place en Maternelles est catastrophique, car les repères des tout-petits sont complètement sabordés avec des horaires de sorties, chaque jour différentes, du personnel qui n’est parfois pas le même avant leur sieste et après, des utilisations de leurs salles de classe différentes au cours de la même journée, avec des règles différentes, des pédagogies différentes.

Merveilleux et je ne parle pas des gros soucis de sécurité hein.

Si vous avez des enfants qui ne vous racontent pas facilement leurs journées, c’est bien simple : vous n’êtes pas au courant de ce qu’ils font pendant les 2 fois 2 heures d’ateliers périscolaires.
Car : 1/ il n’y a aucun affichage indiquant dans quel atelier votre enfant est inscrit
2/ il n’y a aucune réunion présentant l’équipe et à minima les ateliers
3/ se sont les enfants, eux-mêmes qui ont « choisi » leurs ateliers.

Pourquoi l’utilisation des guillemets sur « choisi » ?
J’y arrive.
Ici, le jour de la rentrée (un mardi, donc jour de sortie à 15h et/ou démarrage des ateliers périscolaires), les enfants ont eu une présentation des différents ateliers à l’issue de laquelle, ils ont choisi de s’inscrire. Mais, oh, quelle surprise, truc de dingue quoi : certains ateliers ont été pris d’assaut. Tu m’étonnes Aston.
Du coup, la semaine suivante, on a annoncé à certains enfants, qu’en fait, ils n’avaient pas été tirés au sort. Choix/sort. Il aurait fallu expliquer, surtout aux plus jeunes et aux plus sensibles des élèves la véritable définition du mot « choisir ».
Parce qu’évidemment c’était compliqué de leur demander de faire directement 2 voir 3 choix (comme pour l’organisation des ateliers bleus parisiens – qui ont lieu de 17h à 18h à la place de l’étude)… on a préféré laisser ses enfants « recalés », une semaine de plus sans atelier. Laissés dans la cour à ne rien faire donc. Enfin, j’ai l’exemple autour de moi d’un enfant de CM2 qui lui s’est tout simplement barré de l’école n’ayant pas eu d’atelier.

NORMAL

Ah non ?

Rebelote donc x 2 avec la même histoire pour le vendredi.

Le contenu des ateliers… Rappelons que la réforme est censée permettre aux enfants issus de milieux plus défavorisés d’accéder à des ateliers culturels, créatifs, etc… (et là je dis OUI si au moins c’était le cas…)

Déjà, les ateliers diffèrent en fonction des villes et même des écoles. Quand certains font « tournage de film » d’autres font « multisports » ou « kapla ».
Et puis, attention, derrière de jolis noms attractifs se cachent… de beaux cahiers pour faire des dessins.
Je passe sur le fait qu’on ne sait pas QUI s’occupent de nos enfants. Des professionnels du métier ? (j’ose espérer pour l’atelier Karaté) Des animateurs du Centre de Loisirs ? Ou mieux/pire la dame de la cantine (je précise que ma maman était dame de cantine donc n’y voyez là AUCUN jugement particulier quant aux capacités de ce personnel à s’occuper d’enfants).

Ici donc, nous avons appris ce week-end que le super atelier préféré de nos enfants était « bande dessinée », animée par semble-t-il une dame super, prénommée Julie qui… s’occupent aussi d’eux à la cantine. En attendant, Grande Chérie se met à la BD, elle fait des planches, crayonne puis repasse au feutre noir et colorise. J’avoue que je suis bluffée.

Grosse déception sur l’atelier « fille/garçon », je n’arrive pas à savoir ce qu’y fabrique Petit Chéri. Idem pour « archéologie », pourtant prometteur. La puce me dit qu’en fait, ils dessinent dans un cahier. YOUHOU.

Grosse impression donc qu’à part dessiner et coller des images, les enfants ne font rien. Je vais en arriver à regretter de ne pas leur avoir fait « choisir » « jeux d’intérieur et d’extérieur ». Ou pas.

Enfin, même constat que partout : les enfants ici sont épuisés. Je les couche pourtant à 20h30 précise. Voir avant. Et ce, tous les soirs, même le vendredi.
J’ai fait le deuil, difficilement, de ma soirée du mardi, durant laquelle, avant, je pouvais être une maman un peu plus cool, lâcher sur les devoirs et accorder 30 minutes de répits à mes loulous. Désormais, c’est la course, comme toutes les soirées.
Les miens subissent donc désormais 5 heures de collectivité de plus par semaine. De quoi faire le plein niveau injures et comportements violents.

Je les mets cette année, en plus, à l’étude « surveillée » (là aussi, il y a de quoi LOLER comme on dit), 2 soirs par semaine, un 3e soir, ils ont un atelier bleu pour les changer un peu et je casse la tirelire 1 soir sur 5 pour les faire sortir à 16h30 par une baby-sitter.

On s’y fera. Évidemment. Mais quel gâchis. Vraiment. Et à quel prix ????

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