À la maison, tous les soirs, il y a match.
Pas de foot non, l’Homme déteste et moi aussi. Youpy : ça c’est dit !
19h environ c’est l’heure du diner.
Au milieu, la mère, moi en l’occurrence : arbitre désigné d’office mais aussi fournisseuse officielle des munitions (comprendre ici le contenu des assiettes).
A ma gauche, choupinou 22 mois.
A ma droite, choupinette 4 ans.
5 – 4 – 3 – 2 – 1 « Choupie je t’ai dit A TABLE ! » C’est parti.
Le p’tit vissé dans sa chaise haute sonne le début des hostilités : il me pointe du doigt et ordonne déterminé : »assoit » !
Il commence à trier le contenu de son assiette : la viande d’abord, le reste on verra bien s’il lui reste de la patience.
La grande daigne nous rejoindre en trainant les pieds et me chouine à peine assise (de travers) : « kes ke tu m’as préparé môman ? »
Ba ça se voit pas ?
Après une grande respiration je lui décris aimablement le contenu de l’assiette.
La réplique fuse : « J’aime pas…… »
Vous lui proposez de commencer par ce qu’elle aime (sachant qu’elle aime tout d’ailleurs) et de voir ensuite.
« Pourquoi j’ai pas la même chose que mon frère ????? »
Application de la ruse bien connue, je lui explique qu’elle est grande, elle, et qu’elle peut manger d’autres choses de grande, elle.
Je sens monter son ego, c’est gagné. Par contre, bêtement, telle une débutante, j’ai parlé trop fort, le « PETIT » a entendu et pointe du doigt l’assiette de sa sœur…
1 point pour les enfants : j’aurai dû leur faire exactement le même repas (ce qui ne m’arrive pas tous les soirs, puisque c’est Super nounou qui me prépare à l’avance l’assiette du p’tit et que je me charge de la grande)
Je décide de ne pas démarrer une guerre de tranchées dès les 5 premières minutes de jeu, je fais donc un mélange des deux assiettes et hop tout le monde est content.
Le repas démarre réellement.
Je tente une sortie pour lire mes mails à l’ordi, juste à côté.
Échec! La grande me supplie comme un bébé de rester à côté d’elle et accessoirement de lui donner à manger !
Je lui réponds gentiment mais sûrement que je ne donne quasiment plus la cuillère à son frère c’est pas pour que je me remette à lui donner à elle.
Le p’tit lui, décide de mettre tout son repas en dehors de l’assiette, mais pas par terre (ba bête le gosse, il sait que ça serait perdu à jamais!), non, il met tout à côté de l’assiette.
Je décide de faire genre j’ai rien vu et je reste sur l’ordi… 1 minute. YES !
C’était sans compter la cafteuse de service : « Mamannnnnnnnnnnn choupinou il a mis tout le bazar sur sa table !! »
GRGRGRGRG
Oui j’ai vu. Comme il faut réparer l’injustice. Je me lève et je gronde le choupinou qui me regarde avec un air ahuri, genre j’ai rien fait de mal et me dit avec la voix la plus mignonne du monde (ils savent séduire si tôt ?) « bazar môman ? »
Oui.
La mi-temps a été de courte durée. Je me rassois au milieu des deux.
Seconde partie, la tension monte, les enfants sont assis à la même place « sans bouger » depuis plus de 5 minutes, un exploit. Ils ont déjà rempli un peu leurs bidons, donc ont repris suffisamment de force pour se dire que ça suffit bien et qu’il ne faudrait pas trop trainer là, de risque de ne pas avoir le temps de jouer ou de regarder la « télélé » comme l’appelle le petit.
Le clown de service boit un peu d’eau et crachouille bruyamment dans son verre.
Je lui dis d’arrêter mais en même temps, sa sœur glousse et s’empare de son verre. Elle fait de même. Je la dispute en lui disant que je venais de dire non. Tête à gauche son frère enchaine… c’est mort !
Pleine de postillons j’ai deux solutions, soit je me lève lire mes mails en les laissant se débrouiller, soit je les sépare.
J’opte pour la réquisition des deux verres ! Résultat les deux hurlent en même temps.
2 points pour les gosses.
Et la vengeance ne tarde pas : gauche, droite, gauche, droite, je me chope un tournis d’enfer pour répondre aux demandes de l’un et de l’autre :
– « maman tu me rapproches ma chaise »
– je donne une cuillère au p’tit
– « maman, j’arrive pas à attraper le petit pois là »
– le p’tit enlève avec ses mains le contenu de la cuillère que je viens de préparer et entreprend de mettre lui même ce qu’il veut dessus à la place.
– « maman j’en veux plussssssssss »
– boum le biberon est tombé, cette fois heureusement à 2 centimètres de mon pied : « amasse » (oui il a des airs de dictateur mon fils parfois)
– j’essuie le sol
– la p’tite en a profité pour se barrer
– je la rattrape, la fait terminer
– le p’tit se mets debout sur sa chaise et haute et commence à vouloir tomber descendre seul. Je le récupère in extrémis.
19h30 Fin du match
J’ai mal à la tête, je suis épuisée (mais bon, je l’étais déjà avant, ça compte pas), le sol et les deux tables sont ravagés : un ouragan est passé ? Non, juste deux gnomes qui ont diné !
Et vous ? comment se passe les repas ? Vous l’avez compris, les miens mangent, en tout cas les veilles d’école, sans et avant nous. L’homme rentrant la plupart du temps très tard de toute façon. Bon, ce n’est pas TOUS les soirs comme ça, parfois, j’arrive à discuter un peu avec la puce 2 minutes !

