4 juin 2018

On ne m’avait pas prévenue

Finalement, cette phrase sera peut-être celle que j’aurai le plus prononcée depuis que je suis devenue mère il y a près de 13 ans et demi.

(avec « laissez-moi dormir bordel »)

(bon et « je vous aime fort mes petits cœurs » aussi )

On ne m’avait pas prévenue.

Que le jour de mes accouchements, il est possible que je ne tombe pas en extase devant mes enfants, mais plutôt en hypoglycémie ou de fatigue (ou des deux). Que le blues n’est pas qu’un style de musique. Que les bébés dorment beaucoup, mais par tranche de 10 minutes.

Par exemple.

On ne m’avait surtout pas prévenue à QUEL POINT :

On pleure

On est heureuse

On repleure

Ils nous manquent

On n’en peut plus

On s’inquiète

Et…. c’est de pire en pire

Alors, bien sûr il y avait ces petites injonctions « profite ! » lâchées de-ci de-là discrètement, tout en bienveillance bien sûr (c’est à la mode), par des parents de « plus grands ». Les fameux « petits enfants, petits soucis »

Ouais ba quand t’as la tête dans le caca et pas sur ton oreiller pendant plus de 4h de suite, jonglant entre les paperasses de CAF, la nounou et les rendez-vous médicaux (ou l’inverse)… eh bien non seulement tu ne comprends pas de quoi on te parle, mais en plus tu t’en contre cogne parce que tu as de vrais problèmes toi.

En effet.

Je dirai que les deux ont raison. D’ailleurs, doit-on chercher à savoir qui gagne ?! Car il ne s’agit pas d’une compétition entre parents pour obtenir la médaille d’or de celui qui a le plus de souci que je sache. Il y a toujours pire, il y a toujours mieux. Réponse de Normande. Même si ces foutus réseaux sociaux nous prouvent chaque jour le contraire.

Tandis qu’on feuillette les instagram lissés au Monsieur Propre (pardon, au savon noir) des instamums qui nous promettent une photo sur 100 que si, si, vraiment chez elle aussi c’est le bordel souvent (ah ?) et qu’elles aussi sont fatiguées (ouf)

Eh bien, on en chie. Mais drôlement. Nous, les parents d’une jeune ado.

Voilà. Deux années scolaires au collège déjà. Passées comme un Concorde, crash inclus.

Je ne pensais pas. On ne m’avait pas prévenue et même si je pense faire partie de la catégorie des gens « ouverts d’esprit », qui savent que tout peut arriver, qu’il ne faut pas boire l’eau de la fontaine ni vendre d’ours. C’est dur. Tellement.

Je ne la reconnais plus. Alors, je lis beaucoup sur cette période, car je ne l’ai pas vécue moi-même de cette façon. Parce que même si j’arrive à comprendre à quel point on est paumé à ces âges, je ne peux pas m’empêcher de m’inquiéter, de chercher des solutions, de crier, de pleurer, de laisser pisser aussi. Il n’y a aucun mode d’emploi. Exactement comme quand ils étaient nourrissons.

Tu découvres au jour le jour ce merveilleux cadeau qu’est la maternité.

Adolescence comprise.

Tu te demandes ce que tu as fait de mal. Tu te demandes pourquoi.

Qui est cette personne strictement opposée à ce qu’elle était … avant. Opposée à toi aussi.

Tu te retrouves finalement comme un môme marmonnant au fond de sa chambre « c’est trop injuste »

L’adolescence est un tsunami. Des vagues de sentiments qui te déracinent totalement alors que tu te pensais (enfin) bien équilibrée et sereine. Heureusement, il y a des éclaircies de temps en temps, des éclairs de plénitude que tu chopes sans perdre une seconde et que tu ranges précieusement au fond à gauche dans ton petit cœur de maman. Double effet kisscool par contre, car tu retombes à nouveau de très haut. Ascenseurs émotionnels.

Alors, bien sûr, j’imagine que TOUT LE MONDE (expression préférée des ados) ne vit pas la même chose, au même moment, de la même amplitude. Je sais aussi qu’il y a pire. Et que je ne suis sans doute pas au bout du cycle.

Mais en tout cas moi j’en souffre beaucoup.

Même si parfois j’en arrive à détester non pas ce qu’elle est, mais son comportement. Parce qu’elle nous « gâche » notre vie de famille, parce qu’elle nous rend dingues. On est juste paumé. On fait au jour le jour. On tente tout. Test & learn. On ne lâche rien, mais peut-être devrait-on ?

Ma dernière lecture (Mon ado, ma bataille d’Emmanuelle Piquet) m’a permis de découvrir un nouvel angle. J’ai hâte de digérer ça et de le mettre en pratique. Je vous en parlerai. Que cela fonctionne ou pas.

 

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