30 novembre 2010

Flashback sur un air de dépression

C’est Johnny qui a le blues, toi, tu fais une dépression post-partum, t’as envie de te pendre dans la douche !
J’adore ce passage du spectacle de Florence Foresti (à 2.30 minutes de cet extrait)
C’est tellement vrai
Et je sais de quoi je parle.
La déprime, elle prend plusieurs formes, elle débarque à différents moments en fonction des mamans, là où parfois on ne l’attend plus !
Perso, deux enfants, deux exemples !
1er enfant, choupie, née en janvier 2005, 3 semaines d’avance, césarienne à cause d’une hypertension de ma part depuis presque 6 semaines, d’un soi-disant retard de croissance, d’un risque d’éclampsie et puis accessoirement, la puce était en siège.
(aucun moyen d’y échapper en gros à cette césa, mais croyez moi je l’ai hyper bien vécu, car elle a mis fin à une attente très stressante, sous haute surveillance)
Quelques jours après sa naissance, montée de lait. Douloureuse. Je tiens bon mais je commence à sentir monter aussi le blues… je pleure en douce, les auxiliaires de puériculture me félicitent devant l’homme en sortant de la clinique : je n’ai même pas eu montrer de signes de baby blues ! Vive moi !
…. Ouais, j’ai bien caché mon jeu surtout ! Dès que l’homme partait de sa visite quotidienne, je chialais, dès qu’il regardait un peu trop amoureusement à mon goût notre puce, je chialais, je chialais aussi sous la douche, sur les WC, en allaitant (mais pour ça c’était la douleur).
Arrivée à la maison, je découvre la chambre que mon homme a fini de préparer en mon absence, plus un fabuleux bijou et une boîte de chocolat.
Je fonds en larmes.
Mais finalement c’était normal. Tout ce qu’il y a de plus classique : fatigue, baisse d’hormones, émotion, bonheur…
Personne à mon sens n’y échappe. C’est un blues, mais pas de raison de le minimiser !

2e enfant, choupinou, né en juillet 2007, 3 semaines d’avance, mais parce qu’il l’avait décidé (à mon grand bonheur, je ne tenais plus !), accouchement par voies basses (un rêve pour moi qui se réalise).
Je fais tout pour quitter la maternité le plus vite possible, je donne même des biberons en douce de mon allaitement juste avant la pesée pour faire « grossir » un peu le loulou et partir plus tôt !
Si si. (deux fois)
La grande me manque trop, je veux rentrer chez moi. Je ne pleure presque pas cette fois, je suis rodée ! Montée de lait toussa. Je suis une pro.
L’été passe, aidée par des vacances chez mes parents, je me revois dire : « ça va nikel, aucun blues, le pied total, fatiguée oui, mais franchement tout va bien ! »
L’automne arrive. Rentrée scolaire pour choupette, elle n’y va que le matin. Je gère donc les deux, dès 11h30.
Vacances de la Toussaint. Mes parents ne semblent pas demander à prendre la puce comme ils avaient commencé à le faire les vacances précédentes.
Ah. Bon, ba pas de soucis hein.
Tu parles. J’ai craqué. En quelques jours, mon humeur, alors seulement entachée par la fatigue, est devenue des plus sombres. Je me mets à pleurer chaque soir, puis très vite dans la journée pour un rien. J’ai des idées noires : « pourquoi j’ai fait un deuxième !? J’ai tout gâché ! Je n’y arrive pas. Je ne m’en sors pas. »
L’horreur.
Très vite, ma chance ? Je me suis écoutée. J’ai compris que là, il ne s’agissait pas QUE de fatigue. Je tombais dans la dépression.
4 mois après oui, mais alors la bonne dépression, pas le blues quoi.
J’ai couru chez mon généraliste.
Action. Réaction ! Il veut me donner des petites pilules. Je dis non aux antidépresseurs et je demande à la place l’adresse d’un bon psy.
Il accepte, je cours donc chez… Docteur G.
Idem, il me propose les pilules magiques. Je refuse net. Je lui demande de me laisser ma chance, juste en venant toutes les semaines.
Je lui promets de l’appeler immédiatement si mes idées noires s’aggravent.
La suite, vous la connaissez. Du temps pour moi, des ré équilibrages à faire avec l’aide du psy, l’arrivée d’une nounou 1 mois avant ma reprise du boulot,  le blog, bref, très vite finalement, ça a été mieux.
Mais voilà, nulle part on ne me disait que j’étais normale ! Nulle part je ne lisais des témoignages de mamans dans le même cas que moi !
Partout au contraire, du rose, du bleu, du « vous aimerez votre bébé dès qu’on vous le posera sur le ventre…« 
Donc mesdames, jeunes mamans, non, ce n’est pas facile, surtout les 6 premiers mois environ. Je sais que pour d’autres cas extrêmes certes, mais réels, cela peut même conduire à une hospitalisation dans des services mères/enfants spécialisés.
Écoutez-vous, sachez repérer les signes d’une vraie déprime et prenez-soin de vous, vite, des solutions toutes simples ou plus médicalisées si nécessaire existent !
Et puis, ba, vous n’êtes pas seules. Loin de là. Ne l’oubliez pas. Oui il y a toujours pire que nous, oui évidemment, mais cela n’empêche pas de pouvoir nous plaindre, d’être mal. On a le droit.
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