Les bonheurs - 2/11 - e-Zabel, blog maman Paris

e-Zabel, une working maman parisienne, pas parfaite (et tant mieux) !

Les bonheurs

Jeudi matin

Tu as mis ton jean préféré et le t-shirt que tu as ramené de ton voyage scolaire de fin de primaire à Rome. Comme pour faire un lien entre les deux établissements.

Tu étais stressée et curieuse à la fois.

Tu nous as fait régler les bretelles de ton sac Eastpack trop neuf qui a pris la place de ton cartable de « petite ».

Tu étais magnifique ma fille.

1m 49 et un caractère bien affirmé. Des questions d’adolescentes déjà plein la tête.

Jeudi matin tu rentrais au collège.

On est parti en métro tous les trois. On est resté 20 minutes à attendre, avec tous les autres nouveaux collégiens et leurs parents, devant les grilles pour pouvoir entrer. Tu sais, avec ses histoires de plan Vigipirate, on ne rigole plus avec les mesures de sécurité.

On a enfin donné ton nom et on m’a donné une étiquette.

On a fait quelques pas plus ou moins décidés.

On nous a à nouveau souhaité la bienvenue et on nous dit « pour la jeune fille c’est en face, pour vous, un petit déjeuner d’accueil vous attend à droite ».

On s’est séparé en quelques secondes.

Tu as poursuivi le chemin seule, courageuse. Tu t’es assise dans la grande salle. J’ai voulu accrocher ton regard. Le tien cherchait celui de ta seule copine venant de ton école primaire.

On est resté à te regarder. Toi, notre bébé (née avant-hier pourtant), désormais au collège.

On a zappé le café.

Et puis elle a coulé. Cette petite larme. Celle qui n’était sortie ni à ton entrée en maternelle, ni à ton entrée au primaire.

Jeudi matin tu es entrée au collège.

Et je suis fière de toi.

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9 ans

lecture canapé 9 ansLe P’tit Grand est définitivement grand. Vendredi soir dernier là-bas dans le Sud, sur le quai de la gare, il nous attendait. Bien sagement à côté de son papy. Je l’ai trouvé grandi. Comme à chaque séparation, même courte. L’effet est inévitable. Il nous a sautés dans les bras et c’était bon. Ce sourire. Le P’tit Grand a toujours le sourire. Presque toujours. Il boude très bien aussi.

9 ans que je découvre la maternité avec un garçon. On m’avait dit, tu verras, c’est différent. En effet. On m’avait dit, tu verras, c’est très câlin les garçons avec leur mère. En effet.

9 ans qu’on se cajole, que je le vois admirer sa grande soeur, telle une déesse descendue sur terre pour lui.

9 ans qu’il nous épate, qu’il nous surprend par son parcours, son évolution, ses émotions décuplés.

Le P’tit Grand est celui qui saute partout, mais qui se concentre des heures sur une construction ou un puzzle.

Le P’tit Grand c’est celui qui pleure en comprenant la dureté de la vie en passant devant un SDF, mais qui hurle de rire à la moindre blague scato ou de Toto.

Le P’tit Grand déteste écrire, mais a un an d’avance.

Le P’tit Grand veut être humoriste. Et kiné.

Le P’tit Grand veut rester chez mamie pour ses salades de fruits frais au goûter et pour le train miniature de papy, mais a les larmes aux yeux en nous laissant repartir pour Paris.

Le P’tit Grand dont je suis si fière et que j’aimerai tant soulager de ses questions (merci à sa psy de m’y aider d’ailleurs)

Encore joyeux anniversaire mon Amour. Comme tu dis si bien : « je serai toujours ton petit, même si je grandis ».

Vala.

Même quand tu me regarderas de haut, que tu seras papa, tu seras toujours mon P’tit.

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11 ans

fille 11 ans11… 1 + 1 oui bien sûr, ça fait 2 !

Deux ans c’est chouette, j’adore cet âge ! L’innocence, la fraîcheur, l’émerveillement dans ses yeux, cette vivacité, cette joie de vivre, ahhhhhhhhh

11 ans ? Sans déconner ? Attendez, je vérifie en relisant le billet du 14 janvier 2015… ah oui c’est ça… 10, 11…

Bon sang, mais qui a vu passer cette année ? S’il vous plaît, ramenez-la-moi !!

11 ans, toutes ses dents baguées !

11 ans…

Je crois pouvoir dire qu’elle les porte drôlement bien ses 11 ans. Entre enfance et adolescence plus que jamais. Désormais, plus d’hésitation la balance penche dangereusement (?) vers cette période que je crains tellement. Alors, je profite des moments où elle est encore à moi. Où je suis encore la maman « jolie et drôle » (eh ouais madame) dont elle n’a pas (encore) honte. Je dévore les précieux câlins serrés, en pensant doucement « mais que veut-elle, tiens donc ? » quand brusquement elle se colle à moi.

Parce que régulièrement, elle bascule. Quelques minutes seulement, mais c’est assez impressionnant : le visage fermé, comme si le ciel venait de s’effondrer, le terrible souffle et LE fameux : « tu peux pas comprendre« , notez comme cette expression n’est tout simplement JAMAIS has been. Hélas.

Des sauts d’humeur (d’hormones ?)

Terrifiants.

Et elle revient à la vie. S’excuse même encore. Dis qu’elle ne comprend pas ce qui lui passe parfois par la tête. Qu’elle se sent bizarre tout à coup et qu’elle a juste besoin de s’isoler.

Et là c’est mon ciel qui me tombe sur la tête.

11 ans.

Ma jolie princesse.

En attendant, elle ne supporte pas de faire les boutiques pour trouver de quoi s’habiller. Je pense qu’on pourra refaire un point sur ce sujet dans un an et bien rigoler en se rappelant : « oh non pas de shopping, ça me saoule »… J’ai hésité à la filmer sur ce coup.

Joyeux anniversaire mon amour. Je suis tellement fière de toi et de ce que tu deviens.

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40 ans

Allez, on joue ? Dites oui !

On dirait que j’ai 8 ans. Le matin j’ai un peu mal au ventre en partant à l’école en voiture avec maman. La maitresse me fait peur, pourtant je suis très sage, peut-être même un peu trop discrète, c’est ce qu’on peut lire dans chaque bulletin de notes. L’an prochain j’irai à l’école qui est près de la maison où l’on a emménagé cet été. J’ai fait du vélo toute seule dans les rues aux alentours pendant que papa et maman la nettoyaient. Ils ont d’abord fait les travaux de ma chambre pour que je puisse m’installer dès la rentrée et eux ont dormi dans le salon pendant encore plusieurs semaines.

On dirait que j’ai 12 et demi (si, c’est important le demi). Maman vient de fêter ses 40 ans et ça me fait bizarre. Cela fait vieux et pourtant moi je ne veux pas qu’elle vieillisse ma maman, j’ai trop peur de la perdre. Elle a fait une grande fête avec toute la famille et les amis. Mais c’est elle qui a fait toute la cuisine. Je me demande si elle en a vraiment profité. Il faudrait que je lui demande mais je n’ose pas. Pourtant, je suis très proche d’elle parait-il « on se dit tout » même.

On dirait que j’ai 18 ans et demi. Je passe le bac, avec une année de retard, mais c’est pas grave, je suis de fin d’année, ça ne se voit pas trop du coup. Je vais aux épreuves avec ma voiture, enfin plutôt celle dont je viens « malheureusement » d’hériter de mon grand-père paternel parti au début du printemps. Je pense aux tournois de soft-ball des prochains week-ends, aux copines, à mon premier p’tit copain vraiment sérieux. La vie est belle mais je ne m’en rends pas vraiment compte.

On dirait que j’ai 23 ans. Je suis installée à Paris, dans un studio. J’ai vraiment de la chance. J’ai l’impression d’avoir la possibilité de vivre sans papa et maman. Sauf que non même si je me bouge pour gagner une bonne partie des frais, ils m’aident encore et toujours. C’est bon de les avoir derrière moi, même si rentrer tous les week-ends en banlieue me fait perdre pas mal de temps dans les transports.

On dirait que je fête mes 29 ans. Dans quelques semaines, notre bébé surprise va nous rejoindre. Je suis très inquiète et je ne profite absolument pas de mon anniversaire, je fais de l’hypertension et il y a des risques pour lui (elle, en fait) et moi. Bref, je ne suis pas sereine. Pourtant jusqu’ici tout allait bien, je ne me pose aucune question sur ma future maternité, je suis comme un mouton qui suit le rythme de la belle vie : amoureux, CDI, appartement, enfant.

40 ans

Non, en fait j’ai 40 ans. Mais on ne dirait pas.

J’ai 40 ans et je me sens bien, dans ma tête, dans mon corps (mais pas dans mes cheveux, ni dans mon visage un peu plus marqué désormais).
Cette impression d’avoir été un zombie, d’avoir marcher à côté de ma vie pendant trop d’années, ne me lâche définitivement pas mais je réussis désormais à ne plus trop m’en vouloir. J’ai juste envie de rattraper le temps. Mais est-ce possible finalement ? Pas en ce qui concerne la toute petite enfance de mes enfants en tout cas. Tant pis. J’étais celle que j’étais et c’est celle que j’étais justement qui a fait que je suis celle que je suis aujourd’hui : une femme de 40 ans qui écrit n’importe quoi sur un blog le jour de son anniversaire !

AH AH AH AH

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Il y a 8 ans

IMG_1511Il y a 8 ans, j’étais déjà une maman depuis 30 mois (2 ans et demi pour celles qui comptent mal au fond là), mais j’ai découvert pour la première fois l’excitation du départ non programmé à la maternité, la panique en cherchant une place pour se garer, les sourires complices avec l’Homme qui s’intercalent entre chaque contraction douloureuse. Ah et la fameuse rupture de la poche des eaux aussi.

Il y a 8 ans, j’ai donné naissance à un garçon. Et enfin compris le « sujet de l’arrosage » à l’ouverture de la couche…

Quand on regarde les « vieilles » photos, on ne voit que des sourires paisibles sur son visage. Ah et des rires aussi. Quand sa grande soeur est près de lui.

C’est grâce à lui que quelques mois après, j’ai fait une dépression post-natale. Je dis « grâce », oui, car avec le recul c’était peut-être la meilleure chose qui me soit arrivée. Pour enfin prendre soin de moi, apprendre à me connaître, construire enfin mon moi « femme/maman ». Petit à petit. Aidée et tellement motivée par l’envie d’aller d’abord mieux, puis vraiment bien, pour lui, pour elle, pour moi.

Et le résultat est canon.

Cette impression d’être mieux à presque 40 ans qu’à 30. (J’ai dit presque hein)

8 ans donc… de rigolades, de cocktails explosifs d’émotions, de peur aussi. Tellement. Mais à chaque fois, cette bonne étoile qui le protège, qui nous protège.

8 ans de caractère bien trempé (oui, on sait, il a de qui tenir et on est habitué avec sa soeur, mais dans un genre un peu différent)(faudrait pas qu’on s’habitue hein)

8 ans de bluff.

Propre le jour à 2 ans, 6 mois plus tard, je me revois lui demander devant ses couches sèches du matin : « mais tu n’as plus besoin de couche ? » et découvrir sa bouille implacide « nan« . Pour repartir jouer comme si de rien n’était.

L’arrêt du pouce. On avait tellement galéré avec sa soeur… un soir, il nous a demandé si lui aussi aurait un jouet s’il arrêtait de le sucer… absolument persuadé qu’il n’y arriverait pas de si tôt, son père lui promet « le jouet de (son) choix dans le magasin ». Je vous le donne en mille (Emile) : du jour au lendemain, il a arrêté net. Sans pleur. J’avais même missionné sa soeur pour le surveiller en douce et ainsi le prendre en flagrant délit. Et il a choisi quoi comme jouet ? Une bricole à 10 euros.

L’apprentissage de la lecture… un grand moment de bluff aussi. Évidemment, il a demandé à apprendre avant le CP, comme sa soeur. Toute ressemblance s’arrête ici. Elle, s’était acharnée, concentrée, studieuse (alors qu’on tentait de la freiner). Lui, il écoutait à peine plus de 3 minutes, regardait partout ailleurs que son « livre ». Sauf qu’il lisait. Il avait parfaitement écouté… Une fois la méthode terminée : sa soeur s’était jetée sur tous les livres qui passaient, tout l’été avant l’entrée en CP. Lui ? « Je sais lire, c’est bon« . Ah.

Le CP, parlons-en… au bout de 3 mois de devoirs torchés en 2 minutes dans le couloir de l’appartement, allongé par terre. J’entends un « quand est-ce qu’on commence à travailler maman » ? Puis des « je ne veux plus aller à l’école, je m’ennuie« … La suite, vous la connaissez… un glissement en CE1. Qui le fait grandir trop vite à mes yeux…

Ce bonhomme termine avec 17,5 de moyenne son CE2, avec un an d’avance donc et sans forcer croyez-moi… Autant vous dire que le bluffeur n’a pas fini de nous bluffer.

Joyeux anniversaire mon garçon. Je suis tellement fière de toi. Continue à préférer le foot avec les copains dans le square, les bagarres avec papa et les câlins avec maman. Mais s’il te plaît, fais un petit effort pour ne pas grandir trop vite, tu seras bien mignon.

Ta maman chérie.

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Cette fête des mères là…

cadeau fete mereJe ne suis pas sentimentale (non non)…

… mais cette année, je crois encore plus que les autres, derrière mes « airs de rien », j’attendais avec impatience de découvrir les petites attentions fabriquées par mes enfants.

Parce que pour une fois, ils avaient vraiment bien caché leurs projets. Parce qu’ils grandissent et qu’ils ont donc beaucoup plus d’idées, de patience pour faire au mieux, de volonté et d’habilité.

Cette année, j’ai versé ma larme.

Oui oui vous avez bien lu.

J’ai retenu les autres. J’ai souri et serré fort. Parce qu’ils grandissent, mais qu’ils sont encore si petits, si touchants.

Bon 10 minutes hein parce qu’ensuite il a fallu râler pour qu’ils se préparent à sortir.

Pour la première fois je crois, j’en avais gros sur le coeur et pour la première fois, je suis aussi complètement bluffée par leurs cadeaux.

J’ai porté le collier de ma puce dès le lendemain. Au bureau. Devant tout le monde. EH OUAIS.

Faut dire qu’il est beau.

J’ai trouvé que le P’tit Grand m’avait écrit un texte adorable de son invention – la précision est importante – et en s’appliquant vraiment sur l’écriture – son point faible.

Le mot de ma 10 ans est ultra chou. Sans parler de toutes les petites bricoles fabriquées à côté.

Ils grandissent.

fete meres

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Je vais bien

IMG_0873Voilà. Je vais bien.

Comme cela n’a pas franchement toujours été le cas ces derniers mois/années (ouch), malgré des hauts qui donnent de l’espoir et des bas, bien bas, il faut l’avouer… j’ai envie de vous dire aujourd’hui : je vais bien.

Parce qu’il me semble que c’est aussi chouette de le dire que de le réaliser. Je le dis avec beaucoup d’humilité, soyez en certains, car je sais très bien d’où je viens, par où je suis passée, quel travail j’ai dû faire pour en arriver là et surtout parce que je tiens à partager avec vous, lectrices pour certaines très fidèles depuis ces longues années de blogging, ce petit sentiment de plénitude et de sérénité qui est en moi depuis quelques semaines/mois (le temps file).

Je ne peux pas encore tout vous expliquer, d’ailleurs, vous ne saurez jamais vraiment tout. Faut-il que je rappelle qu’ici, je ne laisse passer que ce que je veux bien montrer. Celles qui me connaissent plus, savent que je n’ai pas pu tout dire sur ce blog, tout partager, et pourtant j’aurai vraiment adoré. Car, une fois encore, ma vie, c’est la vraie vie. Pas celle où tout est beau et facile.

Voilà, il fallait que je vous le dise. Je suis heureuse, je me sens enfin libre, bien dans ma peau, plus confiante, plus forte. La crise de la quarantaine que j’ai traversée – sans les avoir encore mes 40 ans (arnaque je cris ton nom) – est derrière moi désormais. Devant, il y a des projets, des risques – beaucoup plus qu’avant (!!) et si c’était ça le secret finalement ?

Mes petits grandissent, c’est à la fois terrifiant et tellement naturel… que voulez-vous ? Avec l’Homme on regarde les photos d’eux, bébés, et on se dit qu’on a tout de même drôlement bien bossé. AH AH AH

Autocongratulation : secret #2 ?

L’autre jour sur Twitter, l’une de vous m’a remercié d’avoir été là pour elle, il y a 1 an, car… ça n’allait pas bien fort. Cela m’a fait tout bizarre, car une fois encore, pour moi, c’était évident d’être près d’elle. Je sais ce que c’est. Cette foutue dépression. Mais voilà, elle va mieux (ET TANT MIEUX BORDEL SINON JE ME FÂCHE) et moi aussi. Merci à TOI d’avoir accepté ma petite aide ET BRAVO, ça m’a fait un bien fou à moi aussi. De devoir te prouver qu’on s’en sort, qu’il y a un bout à ces sombres tunnels. Encore une fois, ma vieille dépression postnatale, pour être claire : je lui dois tout. Ma reconstruction a débuté avec elle, contre elle. Les forces que j’accumule depuis viennent d’elle. Alors les mamans, hauts les coeurs. On peut y arriver. La preuve.

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La jolie surprise des 10 ans

J’avais pris les billets sur internet – et je confirme que c’est une bonne idée, car on ne fait absolument pas la queue sur place – pour mercredi 14 janvier, 10h30.

Je ne leur avais rien dit.

En arrivant par le bus au pied de l’Ecole Militaire, elle a deviné. Des années qu’elle m’assomme avec ses « on est jamais monté à la Tour Eiffel, tu dis toujours qu’on ira et on n’y va pas !!! » Hum

Elle n’a pas tort.

Enfin maintenant, elle ne le dira plus !

Désormais, je garde en mémoire à tout jamais que je suis la meilleure des mamans (et toc), que c’est son plus bel anniversaire et qu’elle est heureuse.

Tour eiffel

trocadero defense paris

ecole militaire montparnasse

eiffel vue du 2e

visite tour eiffel

Au 1er étage, jusqu’au 15 février, une petite patinoire est ouverte de 10h à 22h ! Je n’étais pas sûre qu’elle y serait encore, ce fut donc AUSSI une surprise pour moi. Gratuite en plus (enfin, compris dans le prix de l’accès à la Tour).

C’était fabuleux, la musique, le vent, le soleil, la glace et ces sourires sur leurs visages… ! Et je ne vous parle pas de la vue !

patinoire tour eiffel paris

patinoire tour eiffel

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Elle a 10 ans aujourd'hui

10 ansElle a 10 ans aujourd’hui.

Je vais en avoir 40 à la fin de l’année.

Encore une nouvelle étape pour nous.

À 10 ans, je découvrais les K7 que je rembobinais avec un crayon.

Elle aimerait un « casque pour écouter la musique et le petit machin qui sert à la mettre dedans » (ma fille, cette fausse geek)

À 10 ans, j’allais très rarement au cinéma ; c’était alors la grande aventure : il fallait acheter l’Officiel des Spectacles ou téléphoner au numéro surtaxé de la salle de cinéma pour connaître les horaires des films. La 3D n’existait pas et 20 francs (3 euros) suffisaient pour découvrir Taram et le Chaudron Magique ou Oz, un monde extraordinaire.

Elle découvre en moyenne 1 film par mois, en 3D, en 4K avec son Dolby Atmos. Pour la « modique » somme de 6 euros (HP Hors PopCorn)

À 10 ans, je ne lisais pas autre chose que le programme Télé et le Prima de ma mère.

Elle dévore 5 bouquins par mois minimum et je ne me sépare jamais de la carte de fidélité de la librairie Le Divan Jeunesse.

À 10 ans, je n’avais pas encore dormi chez une copine ou chez mes grands-parents sans la présence de ma maman.

Elle part jusqu’à 5 semaines de suite chez ses grands-parents et a dormi chez nos voisins à peine âgée de 3 ans.

À 10 ans, j’étais fille unique.

Son frère est la personne qu’elle aime et déteste le plus en même temps.

À mes 10 ans, le téléphone était encore à cadran et avec fil : je parlais à mes camarades de classe assise en plein milieu du couloir.

Ses copines laissent des messages sur mon portable, elles les rappellent de sa chambre, porte fermée.
À 10 ans j’avais aussi des tics. À 10 ans j’avais aussi souvent mal au ventre. À 10 ans je ne savais pas non plus vraiment comment me faire des amies ni ce que je ferai plus tard.

Il y a 10 ans, à 9h, je subissais une césarienne programmée à 3,5 semaines de mon terme. Parce qu’elle avait déjà décidé de pas être comme tout le monde, tête en haut donc, parce que je faisais de l’hypertension, parce qu’on l’annonçait avec un retard de croissance…

Il y a 10 ans, je n’en menais pas large, mais j’étais soulagée qu’elle sorte enfin pour être, au pire, prise en main et qu’elle ne risque plus rien dans mon ventre.

Je dis « elle », mais il y a 10 ans, je ne savais pas qu’elle était « elle ».

Dans la salle d’opération, cela a d’ailleurs beaucoup étonné, « c’est rare  les bébés surprises !  » m’a t’ont dit avec de grands sourires. Et puis elle est arrivée, elle n’a pas pleuré, mais on m’a dit qu’elle était ELLE et qu’elle ne semblait pas si légère que ça.

Enfin, on me l’a présenté, j’ai pu l’embrasser furtivement, son poids était plus que correct (2 kg 720), je n’étais que soulagement (et hypertension).

Ce matin, je l’emmène pour la 1ere fois à la tour Eiffel – on montera au 2e étage uniquement, le dernier étant fermé à cette période. Chut, c’est une surprise ! Je pense qu’elle sera heureuse.

Oublier les soirées de ces derniers jours très difficiles pour mon angoissée ultra sensible préadolescente et moi. J’entrevois bien clairement désormais les données d’un trop prochain conflit mère-fille que j’essaye déjà de mesurer et d’anticiper. Afin de désamorcer. Avoir le temps de bien cadrer, bien consolider la confiance et ainsi sécuriser le plus possible la prochaine étape.

Ce n’est pas gagné, mais c’est la vie, le conflit fait aussi partie de son développement. Je reste ferme et présente face à une toute jeune fille en devenir, avec son caractère déjà tant affirmé : ma Choupie à la fois tellement moi et totalement différente.

Joyeux anniversaire ma fille.

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