10 mois que je ne suis plus salariée.
10 mois de nouvelle vie.
10 mois de cirque.
J’hésite encore sur le rôle que je tiens.
Équilibriste ? Toujours sur la corde, mais toujours debout. Et fière de l’être. J’ai mesuré plus que largement le risque de tomber. J’ai fini par me dire que si cela arrivait un jour, je saurai me relever (8 ans de thérapie). C’est ce qui m’avait enfin motivée il y a déjà 18 mois à demander ma rupture conventionnelle. Pas de chute à déplorer pour le moment. Il faut dire qu’après avoir mesuré, j’ai mis des filets de protection et je me suis attachée solidement. Pour pas avoir bobo.
Jongleuse ? Quelle mère ne l’est pas d’ailleurs… Finalement, le fait de ne plus avoir 2 jobs à mi-temps mais 1 seul et unique passionnant à plein temps simplifie grandement les choses. Je continue à jongler entre boulot, enfants, vie perso (le tiercé n’est jamais dans l’ordre). C’est beaucoup beaucoup de travail. Beaucoup beaucoup beaucoup d’énergie. Je ne vous cache pas que lorsque l’on me demande « comment je fais pour tout gérer », je n’ai pas vraiment de réponse. Je tiens parce que :
1/ fondamentalement j’aime ça tout gérer. Je me sens utile, c’est ma dose de vitamine ce sentiment.
2/ je dois l’avouer ici… imparfaite je suis mais plutôt bien organisée tout de même
3/ j’ai de la chance aussi… là mon cher psy me soufflera que ce n’est pas de la chance mais le résultat de mon action pendant des années sur mon entourage (famille, amis…) pour que tout le monde soit bien à sa place… j’ai encore du mal à le croire mais c’est lui le pro non ?
4/ parce qu’il faut bien non ?
Alors, le matin je me lève sans plus jamais ressentir cette boule au ventre monter en prenant conscience de la journée qui s’annonce. Tout me parait positif au fond. Oui même mes coups de gueule contre ces rues parisiennes dégueulasses, ces abrutis qui ne laissent pas la priorité aux piétons, ces grévistes que je trouve complètement déconnectés (coucou les taxis toulousains), ces politiques de tout bord à vomir, ce site incroyablement nul de microsoft france qui ne veut pas de mon paiement par CB ALORS QUE JE VEUX JUSTE ACHETER MON OUTIL DE TRAVAIL. Bref. Positif. Vraiment.
Ensuite, on accompagne les enfants à l’école. Notre petit moment à nous 4 chaque matin. Enfin 3… depuis que notre Grande Choupie part seule plus tôt…
Je rentre et la journée de travail démarre par un café, du rangement, une machine… arf… le travail à domicile… on en reparlera.
J’enchaîne jusqu’à 17h50 et c’est la maman qui prend la relève, école, cours de piano pour l’un, dentiste pour l’autre, oh ce soir il n’y a rien ? alors on rentre, on fait les devoirs restants, on se dispute, on se réconcilie, un dîner, deux dîners, trois dîners parfois, si l’Homme rentre vraiment tard et que mon estomac n’a pas réussi à l’attendre… Je me pose enfin, comme une loque. Parfois je retourne un peu sur l’écran de travail. Je ne parle pas des courses à caler, du plombier à appeler puis à faire passer, des vacances à chercher (dur labeur n’est-il pas ?), du linge à plier tout en prenant des nouvelles des amies. Je bénis mon téléphone. Je fais tout avec lui : des réponses rapides aux mails dans le bus (j’ai appris à le préférer au métro où il n’y a pas de réseau !), une commande vente privée, un SMS pour prévenir la babysitter du mercredi matin qu’il faudra réceptionner une livraison, une mise en place d’alerte pour penser au pique-nique du P’tit Grand…
Parfois en effet je fais un arrêt sur image et j’hallucine un peu en voyant tout ce qui repose sur mes épaules.
Alors évidemment quand je demande à ma pré-ado de mettre la table et qu’elle souffle en disant « il faut tout faire ici« …
EUH
finalement, je vais devenir clown, mes enfants ont tellement d’humour…

