Le rituel du soir, après plus de 9 années de bons et loyaux services en tant que parents, c’est bon, on le maitrise.
Il a évolué avec le temps : des détails qui partent et d’autres qui se rajoutent.
M’enfin grosso modo on reste toujours dans un enchainement type :
– Allez, au lit !
– Non
– Si
– Oh non
– Ba si
Puis les 5 minutes de préparation avec le tiercé pipi, mains, dents, dans l’ordre ou le désordre – il rapporte la même chose à savoir une majoration de 10 bonnes minutes.
Parce que finalement, il a envie de faire popo. Parce que le dentifrice n’est pas bon/impossible à ouvrir/tombé dans les WC. Parce que c’est rigolo de faire des grimaces dans le miroir. Parce qu’elle m’a tapé. Parce que j’ai encore envie de faire pipi en fait.
Ensuite, l’enfant tente de se perdre pour arriver à sa chambre. C’est qu’il a encore du mal à maitriser la cartographie de l’appartement. Oui, même à plus de 9 ans. Il repasse souvent par le salon.
J’ai envisagé de les doter de boussole. Finalement, j’ai intégré 2/3 minutes de plus dans le rétro planning du coucher. Le temps qu’ils trouvent une excuse originale pour justifier leur présence à l’extérieur de leur chambre… Et l’imagination des enfants est débordante. Plus c’est gros, plus ça passe. Ou pas.
Enfin, la chambre est trouvée. Rho la coquine, elle avait encore changé de place, dites-donc. Là, l’astuce est simple : boucher la sortie en faisant barrière. Pour passer la douane, il faudra me passer sur le corps et sortir la grosse artillerie.
Côté Choupie, il se passe un phénomène étrange… elle décide de ranger pensant sans doute que cela me ferait plaisir. Sauf que non, le rangement c’est pas maintenant.
Côté P’tit Grand, en pleine phase d’angoisse depuis quelques mois, j’ai du boulot : faire le tour de la chambre pour vérifier que rien ne va tomber et lui affirmer. Le laisser choisir 15 doudous qui vont le soutenir dans ce moment difficile qu’est : l’endormissement. Celui où il pense … à la mort.
Voilà voilà. Régulièrement, je dois rassurer mon p’tit. Non, ton cœur ne va pas s’arrêter de battre dans la nuit. Non, aucun voleur ne va pénétrer dans ta chambre. J’ajoute généralement pas mal d’humour à mes phrases fermes : « je t’interdis de mourir sinon je te tue », ou autre « n’oublie pas que j’ai ma batte de baseball à porter de main pour frapper les cambrioleurs ».
Ah oui, faudra que je vous raconte ma période baseball.
Et puis, il y a des soirs où, une fois tout éteint et les 28 000 bisous câlins chatouilles grattouilles effectués, « au fait », ils ont oublié de me parler d’un truc. Les soirs où il est indispensable que vous leur racontiez comment s’est créé l’univers, ce que l’on devient après la mort ou si les dinosaures ont connus ou pas les premiers hommes préhistoriques.
Je passe le laius sur l’existence ou non de Dieu, celui du devenir des satellites envoyés par l’homme dans l’espace.
C’est important tout ça.
MAIS PAS A 21h BORDEL
Généralement, ils me réservent la tectonique des plaques pour le petit-déjeuner.
Et puis hier, le p’tit grand se demandait s’il était possible que papa et moi puissions avoir un autre enfant.
COUP DE BOL, papa était présent dites-donc.
J’ai pu répondre aisément.
« Demande à ton père »
Ce qu’il fit le bourriquet.
Et comme il sentait comme un flottement dans nos réponses assez peu constructives il faut dire… il s’est chargé de nous expliquer comment faire.
J’ai coché la case « comment on fait les bébés » de ma liste de questions compliquées à aborder avec nos enfants.
Ça c’est fait.


