Qu’offre-t-on à une demoiselle de 11 ans, en équilibre entre enfance et adolescence ? Penchera, tombera pas ?
Des livres, beaucoup, comme à Noël. Des jouets aussi, pour garnir sa nouvelle – et dernière – maison playmobil.
Sur ce point, aucun regret. Elle y joue vraiment, avec son frère en bonus, ce qui me laisse – outre des minutes de tranquillité pour zoner, euh pardon pour vaquer à mes multiples activités (hum) – l’occasion de gagatiser encore pendant quelques jours ? Semaines ? Mois ??? (j’y crois)
Parce qu’évidemment le compte à rebours de la porte qui se ferme sur le nez de son « petit frère chéri » a démarré en même temps que celui qui me rapproche irrémédiablement de ses humeurs d’adoleschiantes.
Alors, je profite, il profite sans le savoir, je profite pour deux en les encourageant à jouer en effet ensemble, même si c’est pour me retrouver avec un P’tit Grand de 8,5 ans en train de faire le bébé dans le canapé pour capter l’attention de sa « maman grande soeur ».
Parce que cela ne durera pas. Ainsi va la vie. (minute gloups). Il y aura une autre relation, j’imagine (3615 maman débutante en fratrie)
Et puis, à 11 ans, on continue à parler téléphone, iPod ou autres outils connectés. À 11 ans, on aimerait bien en avoir comme les quelques copines gâtées ! Ba oui. Mais non. Pour l’entrée en 6e, parce qu’elle prendra le métro, elle aura un téléphone, mais sans connexion internet. Ba non. Ici l’entrée dans le monde d’internet est et sera dans la mesure du possible (adolescence bonjour) encadré, expliqué. Comme pour tout outil, il y a un mode d’emploi et des étapes.
La 1ere c’est l’adresse email. Elle nous en a parlé récemment, pour pallier aux SMS. J’y avais déjà pensé. Du coup, à sa grande surprise, nous avons dit oui. Elle a désormais son adresse email. Configurée sur le vieux iPad familial qu’elle a le droit de consulter sur demandes pour le moment TRÈS fréquentes…
Nos directives :
- son adresse ne devait contenir ni son prénom, ni son nom de famille : on a reparlé de l’anonymat sur internet, déjà abordé largement à cause (grâce) à ce blog.
- elle doit nous dire qui lui donne son adresse mail (pour le moment des copines et la famille)
- elle doit nous demander/prévenir si elle veut donner son adresse à quelqu’un d’extérieur à un cercle d’amis proches et à la famille
- si les résultats scolaires et/ou le comportement déraillent, on bloque l’adresse.
Des lectrices – via Facebook – m’avaient demandé si j’avais fait une « étude de marché » sur les domaines/sites spécialisés pour créer le mail de son enfant. Non. Pour le moment – je m’autorise à changer d’avis : je rappelle que je débute en adolescence connectée – je ne suis pas pour les services/sites/logiciels de contrôle parental. J’aimerai autant que faire ce peu éviter de fliquer mes enfants. Je vais prendre la voie de la confiance et de l’éducation.
Pour moi, il est essentiel, très tôt, d’expliquer aux enfants qu’internet est à la fois un monde merveilleux et magique, mais aussi dangereux. Et surtout qu’il y a des règles, des droits, mais aussi des devoirs pour l’utiliser correctement et pleinement.
En écrivant ces lignes, je me dis que certains vont rire dans leur barbe, peut-être que je suis trop optimiste – voir totalement folle. Mais j’y crois, j’ai autour de moi quelques exemples de réussite donc je m’y accroche.
On a bien expliqué à notre 11 ans que ce qu’elle pouvait considérer comme injuste était fait pour son bien et que oui, on sera super stricts, mais qu’il y a un âge pour tout. Et Facebook ou instagram à 11 ans, ce n’est pas possible. À 11 ans, un email c’est bien.
J’avoue, sincèrement, même si je suis sincèrement bienveillante, compréhensive et respectueuse des différents modèles d’éducation. J’ai vraiment du mal à comprendre comment des parents peuvent laisser leurs enfants de 9, 10, 11 ans sur internet sans contrôle, les laisser ouvrir un compte sur Facebook (interdit aux moins de 13 ans, dois-je le rappeler). Pourquoi ? Parce qu’ils ne réussissent pas à dire non ? Parce que « ça lui fait tellement plaisir » ou pire, pour faire « comme ses copines ». N’est-ce pas justement le moyen d’aggraver ce processus du « toujours plus tôt, toujours vite ». Et le harcèlement bon sang !
Attention, je ne suis pas pour tout interdire bêtement. Je suis pour prendre le TEMPS d’expliquer pourquoi on dit non POUR LE MOMENT. Pourquoi il faut tout d’abord apprendre à utiliser certains outils, pourquoi il faut attendre une certaine maturité.
Ce blog et mon métier me permettront, je pense, d’avoir en main les bonnes cartes (arguments, exemples précis, connaissance des différents réseaux sociaux – je viens de me mettre sur snapchat justement pour TENTER DE COMPRENDRE le pourquoi de ce… truc) pour l’encadrer et je ne perds pas de vue qu’il faut vivre avec son temps, promis. Cependant, c’est son bien-être et sa sécurité physique et morale qui m’intéressent le plus. Étonnement.

