Lundi dernier j’étais en colère contre l’idée même de cette xième réforme des rythmes scolaires… dont on ne savait pas encore grand-chose finalement.
Rappelez-vous, je m’inquiétais de la fatigue des enfants contraints de se lever tôt les mercredis matin.
Egalement, je bouillais d’agacement en imaginant mes enfants surexcités par la collectivité imposée plusieurs heures supplémentaires par semaine.
Enfin, j’appréhendais – bêtement sans doute – ce que les municipalités allaient bien pouvoir mettre en place pour occuper nos chères têtes blondes et parallèlement ce que les associations sportives et artistiques allaient bien pouvoir inventer pour recaser les créneaux des activités extra-scolaire du mercredi matin… l’après-midi. Mais ils sont sans doute tous pleins de belles idées, pleins de sous et tout ira fantastiquement bien dans le meilleur des mondes, dès septembre 2013. A savoir : demain.
Mea Culpa. Donc.
Non mais vraiment ! J’ai retourné ma veste. Ça mange pas d’pain. J’aime bien l’idée d’être à l’opposé finalement des 90% des lecteurs qui ont gentiment commentés sous mon billet.
Non mais vraiment, pensez-y, mamans qui, aujourd’hui SOUFFREZ terriblement chaque mercredi. Si, si, je vous vois. Sur facebook, ça y va avec des « c’est mercredi, achevez-moi », en passant par des appels au secours à 12h23 « quand est-ce que cette journée va se terminer ».
Finis tout ça ! Le soir, vous serez fraîche et dispo, car vous n’aurez pas supporté vos enfants toute la journée !
Voyez qu’on va y trouver des bons côtés !! D’ailleurs, Nipette, elle l’a déjà dit : le mercredi matin, elle ira au cinéma ! Et moi, Nipette, je l’aime beaucoup 😛
Voilà, vraiment, je lui dis MERCI, moi, finalement au Ministre. Grâce à lui, je vais avoir du temps libre, pour aller travailler, pour gagner plus d’argent ou pour prendre du bon temps, si je décide de rester à temps partiel. J’sais pas, j’hésite.
Je dis MERCI à notre Président qui, dans son discours à la Sorbonne, a annoncé qu’il mettrait fin aux devoirs à la maison. (pardon, aux leçons). Fini la guerre avec nos écoliers. Terminé la honte devant eux quand on ne comprenait l’exercice … « attends chéri, va prendre ton bain, maman va mettre son cerveau en route pour résoudre le problème ». Hop terminé ! (ba voyons…)
Ah le pied.
Non ?
BA NON
Pour avoir épluché tous vos commentaires, ainsi que ceux laissés chez mes collègues blogueurs parents qui ont repris le sujet ensuite sur leurs blogs ou pages facebook…
Je pense qu’au doigt mouillé, on peut compter que 90% d’entre vous sont contre une demi-journée supplémentaire.
Il est assez clair que la FAMEUSE concertation de quelques mois, on l’attend de pied ferme. YOUHOU, on est là, nous les parents ! COUCOU, on est plutôt opposé à vos idées… ALLÔ !!!
Reprenons les arguments des uns et des autres consciencieusement (j’en ai pour 3h, ça m’apprendra à faire de la promo pour mes billets hein… près de 110 commentaires)
– la fatigue des enfants est un point qui revient énormément chez les mamans disponibles les mercredis. A ce sujet, je note que ces mamans sont sans aucun doute sur-représentées sur ce blog, c’est assez troublant d’ailleurs. Mais c’est à prendre en compte, car les mamans dont les enfants vont déjà en collectivité toute la journée les mercredis (en Centre de Loisirs) sont, elles, plutôt favorables à cette matinée en classe (pour des raisons de coûts et de « contenu »)
– également, la déception de ne plus pouvoir profiter de cette journée pour « faire autre chose », que cela soit des activités extra-scolaires, des visites chez le médecin ou du shopping avec/pour les enfants !
Si on creuse un peu car finalement, beaucoup d’entre vous en sont vite arrivés à cette remarque : le soucis n’est pas tant que ça la demi-journée en plus, c’est surtout, encore et toujours la question du rythme des… parents (et là, je prends le parti, désolée, de préciser surtout le rythme des mamans) et donc de la FAMEUSE question de la conciliation vie pro/vie perso. Le modèle des pays scandinaves où il est normal qu’une mère – et même qu’un père – parte « tôt » pour aller récupérer ses enfants à l’école est encore et toujours mis en avant. A juste titre je dois dire !! J’ajoute que Lilibulle parle, elle, du modèle hongrois dans lequel également les parents récupèrent leurs enfants tôt.
A quand la fin en France du « tu prends ton après-midi ? » lâché sèchement lorsque l’on part à 17h30 ???
L’autre gros VRAI sujet posé à la suite du débat est celui des programmes scolaires. Et là les quelques institutrices – pardon « professeurs des écoles » qui ont laissé leurs commentaires vont toutes (!!!) dans le même sens. Les programmes sont trop lourds, il semble qu’on y ajoute sans cesse tel et tel matières/sujets sans, en plus, que les formations des maîtres suivent nécessairement. L’une d’entre vous précise que les apprentissages ne se font que le MATIN. Je l’avais déjà entendu. Et là, je demande :
pourquoi emmener les enfants à la piscine le matin alors ?
La maîtresse de Choupie l’an dernier avait « osé » faire la réflexion en réunion devant les parents… la piscine, en gros, ça la saoulait (et nous donc…) parce que ça lui bouffait tout simplement TOUTE une matinée ! Là, évidemment, je comprends que cela soit d’autant plus difficile de caser les programmes quand le temps est amputé ainsi. Alors, oui, je sais, tous les enfants n’ont pas la chance d’apprendre à nager avec leurs parents, ni même tout simplement d’aller à la piscine… m’enfin oh ? Sérieusement ? Quel parent préfère que son enfant nage (20 MINUTES DANS L’EAU – pour 2 heures de trajet/déshabillage/habillage/trajet) plutôt que d’apprendre l’histoire ou les divisions ?
Revenons donc à nos moutons.
Une chose est donc certaine : ce n’est pas parce que les journées d’école seront raccourcies que les journées seront moins longues.
Je ne sais pas ce que tout ceci va donner. A priori les enfants ne sortiront pas plus tôt qu’aujourd’hui (16h30), donc quel type de contenus va « remplacer » les heures de classe, j’ai hâte de le savoir. Je m’inquiète clairement des inégalités qui risquent de naître en fonction des municipalités/bonnes âmes pour cette organisation. Je m’inquiète pour les associations sportives et artistiques qui vont « perdre » beaucoup d’heures de cours et donc des sources de revenus, car il sera évidemment impossible de replacer tous leurs créneaux sur un après-midi ou des soirées déjà bien chargées. Déjà qu’on fait la queue 3h à Paris pour pré- inscrire un enfant, en juin, à un pauvre cours de gym …
MAIS je suis ouverte et surtout je prendrai ce qu’il y a à prendre, cependant, je prie – vraiment – pour que les parents, les enseignants soient un minimum consultés, ce qui ne semblent pas encore le cas à l’heure où j’écris ces lignes.
Alors, monsieur le Ministre, monsieur les Directeurs de Cabinet, si vous ne savez pas où trouver des parents pour échanger, discuter et avancer sur cette réforme, il y en a un paquet ici, on vous en prie, servez-vous !

