6 novembre 2015

Te laisse pas faire !

te laisse pas faire aider son enfant« aider harcèlement école »: 3 mots forts. 3 mots qui touchent.

Des mois que je dois vous parler de cet ouvrage qu’une de vous (coucou lectrice de l’ombre) m’a conseillé de lire il y a donc déjà un baille.

(C’est malin, je bâille)

Des mois qu’il traîne sur mon bureau et que je procrastine. Ma matière préférée.

Mais, là les étoiles étant parfaitement alignées, je pense que c’est le bon moment pour rédiger ce billet qui me tient beaucoup à coeur, tant le livre m’a …

bouleversée, énervée, agitée, fait réagir, pleurer pour finalement me rebooster et me motiver à !

Agir ou plutôt ne pas agir de la manière qu’on imagine…

Que de suspens hein. Donc, non il ne s’agit pas du dernier roman de Marc Lévy.

C’est à l’occasion de la première journée nationale de sensibilisation au harcèlement scolaire que je me suis décidée à poser un peu ici ce que j’ai lu dedans.

Dedans le livre donc d’Emmanuelle Piquet : Te laisse pas faire ! : Aider son enfant face au harcèlement à l’école.

J’espère que je vais réussir à faire passer l’essentiel, posément, pour vous laisser y réfléchir de votre côté, afin comme toujours que si débat à ouvrir dans les commentaires, cela se fasse en parfaite intelligence. Je sais que vous en êtes capables, vous me le montrez à chaque fois que j’aborde un sujet « chaud » (l’histoire du soutien-gorge rembourré étant le dernier en date) (merci encore pour cela d’ailleurs)

Emmanuelle Piquet est psychologue, mère de 4 enfants, fondatrice du Centre d’intervention en souffrance scolaire (C-Sco) à Lyon et à Paris, où elle reçoit enfants, adolescents, parents et enseignants.

Son objectif dans ce livre rédigé clairement avec passion et professionnalisme, en s’appuyant uniquement de faits concrets, réels, c’est de venir bouleverser nos réflexes primaires de parents « Dolto » que nous sommes naturellement. Sans jugement aucun !

Il faut donc être prêt en parcourant le livre à se prendre une bonne claque. Elle le fait de manière bienveillante paradoxalement : on sent qu’elle a l’habitude d’en donner aux parents venant la consulter avec leurs enfants « harcelés » ! Il faut être prêt à vouloir regarder le problème du harcèlement d’une manière très différente, d’adopter un autre angle de vue, mais surtout d’acquérir de nouvelles méthodes pour agir. Et agir dans le bon sens ! Celui qui mettra fin aux agissements terribles des harceleurs tout en redonnant confiance aux harcelés.

Pourquoi une claque ? Tout simplement parce qu’elle rappelle immédiatement les règles de la Cour de Récré. Souvenez-vous !! On les connaît pourtant !! On les a juste mis d’un côté de notre mémoire en devenant parents à notre tour.

1/ les problèmes se règlent d’abord entre enfants

2/ celui ou celle qui déroge à cette règle à partir du CM1 (environ) perd considérablement de sa « popularité »

« Rapporteur », « Fille à sa maman » ou autre… ça ne vous rappelle rien ces mots ? Moi si… Et en lisant ses premières pages, je m’en suis terriblement voulu de les avoir oubliés ! Mais là encore l’auteur tout en choquant, rassure.

harcelement scolaire te laisse pas faire

Toute la 1ere partie du livre est donc en fait basé sur l’anéantissement de nos réflexes primaires de protection vis-à-vis de nos enfants. Je résume, mais en voulant intervenir, on a tout faux. L’auteure explique, justifie par des exemples et en les lisant, on ne peut pas le nier : elle a raison. On le sait, mais ça fait mal.

Âme sensible prévenue, il se peut que vous pleuriez un peu…

On arrive grosso modo totalement lessivé à la moitié du livre. À la bouche une expression qui revient non-stop : « oui bon ok mais DONC ON FAIT COMMENT BON SANG« .

Et démarre la 2e partie qui vient clairement expliquer la méthodologie de la psy. Qui a fait ses preuves hein, naturellement. Deuxième partie de l’espoir donc. OUF.

Attention, rien n’est simple, mais avec beaucoup d’amour, de confiance réciproque, d’écoute, de valorisation je suis convaincue qu’il est possible d’avoir des résultats.

La lecture de ce livre a vraiment changé ma façon de voir les choses.

J’ai la chance d’avoir des enfants qui – pour le moment – n’ont pas subi de harcèlement lourd. Cependant, j’ai déjà eu quelques soucis tout de même.

Le P’tit Grand par exemple qui, l’an dernier, n’arrivait pas à se faire de copains, car étant le plus petit de la classe… le plus grand avait dit aux autres de ne pas jouer avec lui. SYMPA.

La puce, elle, s’est vu chahuter également l’an dernier par un camarade de classe, à qui j’aurai donné le Bon Dieu sans confession quand j’ai vu sa bouille. Mais tout de même ! Bousculade, petite claque, vulgarité, etc. Mon premier réflexe évidemment : en parler à la maîtresse. Merveilleuse, elle avait pris en compte le problème, avait parlé aux deux enfants et avait parfaitement géré l’affaire en nous demandant à nous parents, de lui faire confiance pour régler ça. Car, pour elle, il était important d’arriver à « vivre ensemble », surtout dans le climat qui était celui de janvier 2015…

Peu de temps après, j’ai lu le livre Te laisse pas faire ! Aider son enfant face au harcèlement à l’école.

Et j’ai décidé d’armer ma fille et mon fils. Le livre parle de flèche. Flèche qu’il faut renvoyer à son harceleur. Vous verrez, il y a plein d’astuce. J’en ai mis une ou deux en oeuvre et cela a marché !

C’est très difficile. Il faut tout d’abord que l’enfant vous fasse confiance et qu’il exprime sa peur franchement. Ensuite, nous les parents, nous devons prendre sur nous, comprendre l’enfant et le rassurer. Puis, il faut lui faire prendre conscience qu’il ne peut pas rester dans sa peur. Et que même s’il a plus peur d’aller affronter son harceleur, au moins, quand il l’aura fait : il n’aura plus peur tous les jours.

Ensuite, notre rôle est de trouver la flèche adaptée au contexte et au harceleur et d’exercer notre enfant à la lancer.

Je vais vous en livrer une pour vous donner une idée du truc – mais allez lire le livre aussi hein !

Vous savez que Choupie est allé chez l’acupuncteur ?! Bien. Elle a donc eu dans l’oreille une « graine » (pour ne pas avoir d’aiguille d’adulte) dans l’oreille pour l’aider à l’endormissement. Miraculeux, souvenez-vous je vous en ai parlé. Bref. Cette graine sincèrement, je la distinguais à peine, mais figurez-vous que des enfants sont allés dire à ma puce qu’elle avait un point noir dans l’oreille. Elle l’a mal pris…

Oh, je sais, on est loin du harcèlement, mais j’ai trouvé que c’était un très bon exemple pour essayer d’appliquer la méthode !

J’ai proposé à ma puce de répondre à ce gamin moqueur et en prenant soin d’être devant plein de monde : « et toi, ton bouton sur les fesses, ça va mieux ? »

La puce s’est bien marrée et m’a répondu que JAMAIS elle n’oserait.

Je vous le donne en mille ?

Depuis, elle a réussi à affronter le garçon qui la chahutait. Deux fois ont suffi et désormais ils s’ignorent paisiblement.

Encore une fois, on est loin des drames, mais j’ai l’espoir qu’en mettant en place, dès aujourd’hui, des réflexes de ce genre, à savoir : pour eux de nous parler de tout et de notre côté, les aider sans intervenir directement : on saura un peu mieux prendre en charge des dossiers plus lourds dans les années qui viennent.

Qu’en pensez-vous ?

Référence du livre, en vente sur Amazon 18 euros. Le lien vers son intervention à Tedx de novembre 2013, qui est un excellent résumé du livre (Merci à la lectrice qui m’a laissé le lien sur facebook)

Le site internet officiel Non au Harcèlement

et je vous glisse cet article comme toujours très bien fait de Nadia Daam sur la « polémique » au sujet du clip.

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